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Edward Appleton, un metteur en scène de cinéma spécialiste des films à suspense, bénéficie d'une certaine renommée. Bien qu'il soit indépendant et non-conformiste, il a réalisé trois films à succès au cours des deux dernières années, ce qui fait de lui une valeur sûre de l'industrie cinématographique américaine.
En ce moment, il est en ville pour tourner son prochain chef d'œuvre, une histoire de fantômes et d'amour intitulée L'amour peut tout. L'intrigue tourne autour du solitaire Daniel Grave, un beau jeune homme hanté par le fantôme malveillant de sa fiancée décédée, Celeste Severin. Toutes les femmes qu'il fréquente finissent par mourir et la police le traque jusqu'à une confrontation finale au cours de laquelle il est brûlé vif dans son manoir.
Appleton dispose d'un gros budget et de deux stars : Nancy Page, une beauté classique idéale pour les rôles d'héroïne tragique, et Robert Hunter, un homme d'action élégant et romantique. Leur arrivée en ville est annoncée à grand renfort de publicité, car Appleton a choisi le vaste manoir Schottky (de sinistre réputation) comme décor pour la maison hantée qui figure dans le scénario.
Le manoir Schottky se montre rapidement à la hauteur de sa réputation de véritable maison hantée. Deux jours après l'installation de leur matériel, l'équipe du tournage est en pleine effervescence. Une des maquilleuses assistantes, Mary White, a été retrouvée horriblement assassinée dans la salle à manger [NdT : A cet instant, celui qui demande "Avec un chandelier ?" perd automatiquement 1D100 de Santé mentale !].

Une maison hantée comme plateau de tournage : c'est tenter le diable !
  • 1. Appleton est le type même du sociopathe qui veut être reconnu le plus largement possible.
    Il converse avec une voix intérieure qu'il perçoit comme son avocat du diable. En d'autres occasions, il a écouté cette voix et suivi ses suggestions, ce qui lui a permis de réaliser des films pleins de subtilité et très dérangeants, hitchcockiens pour tout dire (Appleton adore Alfred Hitchcock* qu'il considère comme un génie du cinéma, mais il le détesterait sans doute s'il le rencontrait vraiment).
    Fouiller dans la vie d'Appleton mettra en lumière des détails comme sa tendance à la manipulation d'autrui et son obsession du détail – qui ne sont pas forcément inhabituelles chez un réalisateur de cinéma. Enquêter sur son passé récent révélera que des meurtres, sans lien entre eux, ont été commis à proximité des lieux de tournage de ses précédents films. Tous ces assassinats pourraient être considérés comme des répétitions de scènes des films en question. Certaines victimes sont pourchassées et terrorisées, d'autres sont tuées directement : parmi les méthodes utilisées, on trouve un accident de voiture, des coups de poignard, des coups de feu, une strangulation, une chute d'une grande hauteur, une noyade, des morsures d'araignées, etc.
    Appleton est un maître du suspense cinématographique qui utilise les phobies ordinaires comme source d'inspiration. Les personnes qui attireront sa fâcheuse attention feront mieux d'être psychologiquement stables.

    (*) NdT : si Alfred Hitchcock est célèbre et vivant, cette possibilité peut être datée entre 1940 et 1980.

  • 2. Robert Hunter a récemment repoussé les avances de Nancy Page. Comme celle-ci se considère comme une déesse de l'écran, elle n'a pas supporté le rejet de cet homme promis à un bel avenir. Puis, lorsqu'elle a vu l'acteur plaisanter avec Mary White, elle en a tiré une conclusion erronée.
    Nancy a fait livrer une rose rouge accompagnée d'une lettre à Mary : la missive lui donnait rendez-vous avec Hunter sur le plateau de tournage. Nancy a ensuite affronté Mary et l'a poignardée à mort, exactement comme dans l'une des scènes prévues par le script. Elle espère lancer la police sur une fausse piste et, plus important, être là pour soulager la peine de Hunter.
    Hunter dissimule le fait qu'il est homosexuel car il ne veut pas que sa prometteuse carrière soit ruinée par un scandale public. Mary connaissait son secret, mais elle est morte avant d'avoir pu dire à Nancy la véritable raison pour laquelle l'acteur l'avait rejetée.

  • 3. Le manoir Schottky appartient à l'Agence Immobilière Pennywell qui l'a acheté pour une bouchée de pain il y a une quinzaine d'années. L'histoire de la demeure est une succession d'événements bizarres et elle n'a jamais été louée plus de trois mois d'affilée. Les gosses du quartier en parlent comme d'une maison hantée, personne ne semble capable d'y passer une nuit, une drôle de musique en émane à certaines périodes de l'année et elle a été étudiée par de nombreux parapsychologues et autres médiums.
    L'Agence Immobilière Pennywell a cédé le manoir au studio qui projette de l'incendier lors du grand final du film. Toutes les autorisations officielles ont d'ores et déjà été accordées.
    Le manoir est en effet hanté par le spectre d'Abraham Schottky, son premier propriétaire. C'était un talentueux physicien juif-polonais, très en avance sur son époque, qui travaillait dans le domaine de l'acoustique. Ses recherches ont accidentellement ouvert un portail par lequel un Serviteur des Dieux Extérieurs est passé. La créature l'a tué et a dévoré son corps avant de retourner près d'Azathoth. Le portail n'est grand ouvert qu'à certains moments de l'année, comme pendant la nuit de Walpurgis*.
    Pour faire cesser les phénomènes surnaturels, le portail doit être définitivement scellé, un procédé dangereux car au moins un Serviteur viendra s'en mêler.
    Le spectre dément d'Abraham Schottky prend des mesures sans réelle logique pour s'assurer que le manoir reste inoccupé. Il peut posséder des personnes psychiquement réceptives et provoquer des phénomènes parapsychiques. Il a pris possession du sensible Robert Hunter pendant un innocent rendez-vous avec Mary White. Hunter est profondément préoccupé à cause de la perte de conscience dont il a souffert et du trou de mémoire qui en résulte. Il ne possède aucune connaissance spécifique ou occulte, au-delà d'un don certain pour l'empathie.

    (*) Fête païenne de l'arrivée du printemps célébrée dans la nuit du 30 avril au 1er mai et propice, dans certains pays, à de grands rassemblements de sorcières.

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