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Stephano, un jeune peintre se rend dans un petit village de l'Italie profonde pour y restaurer une fresque d'église représentant le martyre de St Sébastien. Cette peinture est l'oeuvre d'un certain Legnani, un artiste maudit surnommé « le peintre de l'agonie » qui s'est donné la mort dans des circonstances troubles. Rapidement le mystère s'épaissit dans cette petite bourgade, et le travail de Stephano se heurte à la méfiance et à l'hostilité d'une population locale assez peu accueillante, écrasée par le poids de la religion et la loi du silence. Puis les évènements inquiétants se succède: coups de téléphones anonymes, disparitions... quelle est donc cette mystérieuse "maison aux fenêtres qui rient" ? la clef de toute cette affaire réside-t-elle dans cette fresque jamais terminée ?



Avec un nom pareil, il est difficile d'oublier ce film. Mais ça n'est pas la seule raison.

Le réalisateur n'est pas un inconnu pour les amateurs de cinéma transalpin, en effet Avati a goûter à tout les genres et collaborer avec Passolini sur « Salo ou les 120 jours de Sodome » mais aussi avec Lamberto Bava sur le redoutable « Macabro ».

Force est de constater que la réalisation est de haute volée, et si elle s'inscrit dans la mouvance du « giallo », Avati tend à une certaine épure et démontre une maîtrise des cadrages et des éclairages (principalement lors des scènes d'intérieur) qui contribue grandement au climat dérangeant de son film.

Cet ambiance oppressante est également renforcée par une bande son véritablement hanté et très travaillé, comme l'obsédante et glaçante musique de la scène d'introduction... et quelle scène ! un modèle du genre qui vous happe au cœur du mystère avec une rare élégance.

En effet, le point fort de se film est sans conteste son ambiance morbide et étouffante : sous le soleil de l'Italie, la noirceur des ombres n'est que plus menaçante.

Bien que n'étant pas d'inspiration lovecraftienne, l'ambiance du film est diaboliquement proche de celle que les fans du maître de Providence chérissent...Qu'on en juge :

Le cadre: un petit village reculé ou la population, qui comportent d'étranges personnages, semble partager quelque sombre secret ou tare congénitale...
La thématique de l'artiste et de l'œuvre maudite , de la folie, des liens étranges et macabres qui liaient Legnani à ses sœurs, de l'enquête (avec la disparition prématurée du vieille ami sur le point de faire certaines révélations), le poids et l'inéluctabilité du destin... nous sommes en terrain connu. Mieux encore, c'est presque un scénario tout fait (manque la référence au mythe)

La narration, en faisant un parallèle entre la restauration de la fresque, l'exploration physiques des lieux et des environs et la découverte de l'histoire du peintre maudit est imparable et rigoureuse, même si le final pourra sembler un peu exagéré pour certains. Nous ne sommes pas ici dans un film d'action ou une tuerie gore, mais dans un film d'ambiance: La terreur y est intellectuelle plutôt que viscérale. C'est une lente enquête policière qui nous amène inexorablement à une vérité sinistre.

Toute l'histoire est émaillée de lieux et de personnages marquants comme la grande maison sordide, habitée par une femme paralysée et mourante, ou est hébergé Stephano.

Le jeu d'acteur, sans atteindre des sommets est quant à lui parfaitement honorable aussi bien pour les seconds rôle que pour les personnages principaux.

Ce film méconnu est une petite merveille du genre, il avait d'ailleurs été distingué en 1979 au festival du film fantastique de Paris. Il offre aussi en seconde lecture une réflexion intéressante sur la création et le créateur.

A découvrir ou à redécouvrir.
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