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Le guide Allan Quatermain accepte d'aider une femme à retrouver son mari, disparu depuis des mois, alors qu'il était parti à la recherche du mythique trésor des mines du roi Salomon, en Afrique centrale...



L'après-guerre marque un moment d'inquiétude pour Hollywood qui, au vu de laconcurrence de la télévision, commence à montrer des signesd'affaiblissement. Les grands studios décident alors de miser sur des filmsà grand spectacle, employant des techniques sans équivalent sur le petitécran : emploi de plus en plus fréquent de le couleur (Technicolor chez MGM,avec Quo vadis (1951) de Melvin LeRoy...), format large (cinémascopechez la Fox pour La tunique (1953)...), relief (L'homme au masque decire (1953) de la Warner...)... Ces nouveaux procédés sontparticulièrement utiles pour mettre en valeur des films d'aventures, genre quiconnut une renaissance fracassante dans les années 1950, sous toutes ses formes
péplum (Quo vadis...), cape et épée (Scaramouche (1952)...),
épopée maritime (Le pirate rouge (1952) avec Burt Lancaster...)...C'est aussi le retour en force de l'aventure exotique. Les mines du roiSalomon, luxueuse super-production de la MGM ouvre la danse. Tournéessentiellement en décors naturels, et notamment en Afrique centrale, laréalisation en est confié au britannique Compton Bennett, qui venait dediriger pour la firme au lion le drame La dynastie des Forsythe (1949),avec Errol Flynn. Il souhaite d'ailleurs retrouver le célèbre acteur de Lesaventures de Robin des bois (1938) pour Les mines du roi Salomon.Mais le studio lui impose l'acteur britannique Stewart Granger. Stewart Grangerétait devenu un acteur important en Grande-Bretagne au cours des années 1940 (on le rencontre dans Lesennemis amoureux (1948) de Terence Young, Sarabande (1948) de BasilDearden...), et MGM l'invita à tourner aux USA. Les mines du roiSalomon est le premier d'une longue série de classiques de l'aventure queGranger tourne pour cette firme ; viendront ensuite, entre autres : Scaramouchede George Sidney, Le prisonnier de Zenda (1952) de Richard Thorpe, Lescontrebandiers du Moonfleet (1955) de Fritz Lang... Le réalisateur de Lesmines du roi Salomon, Compton Bennett, et Granger ne se sont pas bienentendus. On a donc fait appel à un second réalisateur, Andrew Marton, célèbre directeur deseconde équipe (il tourne quelques fameux tours de force comme les courses dechar du Ben-Hur (1959) de William Wyler et de La chute de l'empireromain (1964) d'Anthony Mann...). Leprojet est si ambitieux qu'on ajoute encore un directeur de seconde équipe etun réalisateur-adjoint ! Aux côtés de Stewart Granger, Elisabeth Curtis estinterprétée par Deborah Kerr, célèbre actrice écossaise, alors star de laMGM. Parmi ses rôles les plus connus, citons Le narcisse noir (1947) deMichael Powell et Emeric Pressburger, Jules César (1953) de Joseph L.Mankiewicz, Tant qu'il y aura des hommes (1953) de Fred Zinneman, Lesinnocents (1961) de Jack Clayton...
	
Les mines du roi Salomon, le roman


Les mines du roi Salomon
est en premier lieu un des plus célèbres romansd'aventures de l'histoire de la littérature, écrit par le britannique HenryRider Haggard. Cet écrivain, né en 1856, a participé en 1875 à une missionanglaise en Afrique du sud. Dans cette région, lorsque le territoire duTransvaal est annexé par la Grande-Bretagne, il y devient greffier à lahaute-cour de justice. Puis il se fera militaire et enfin éleveur d'autruches.En 1881, il retourne en Angleterre avec sa femme et ses enfants. Il écrit alorsdes livres sur l'Afrique, avant de se mettre à publier des romans d'aventures,dont le troisième, Les mines du roi Salomon, est un triomphe. En 1887, il publie Elle ou la source de feu, un autre romand'aventures (plusieurs fois porté au cinéma, lui aussi) qui connaît un beausuccès. Il abandonne alors sa carrièred'avocat et voyage beaucoup. Il publie de nombreux romans jusqu'àsa mort, en 1925. La confrérie se déroule en Palestine biblique, Cœur dumonde prend place sous l'empire aztèque, Eve-la-rouge se situe autemps de la conquête de l'Angleterre par les normands... Surtout, il publie régulièrementdes oeuvres mettant en scène Allan Quatermain ou Elle, voire les deux ensemble.Ami de Kipling (l'auteur de Le livre de  la jungle et de L'hommequi voulut être roi), il influencera aussi Edgar Rice Burroughs, autregrand nom de la littérature d'aventure et créateur de Tarzan.


Les mines du roi Salomon
met en scène l'explorateur Allan Quatermain. Ce guide estrecruté par Sir Henry Curtis, un homme à la recherche de son frère, disparu enAfrique alors qu'il était à la recherche du mythique trésor des minesde diamants du roi biblique Salomon, supposées se trouver au cœur de l'Afrique.Accompagnés par le capitaine Good et l'indigène Umbopa, ils traversent toute unesérie de péripéties avant d'atteindre le territoire de la tribu des Koukouanas.Mais, sur celle-ci règne un roi cruel, usurpateur de surcroît. Umbopa révèlealors qu'il est l'héritier légitime de ce trône. La sorcière des Koukouanasmènent Quatermain et ses amis aux fabuleuses mines du roi Salomon. Lesaventuriers s'y retrouvent hélas enfermés à cause d'un piège. Ils parviennentnéanmoins à s'échapper. Umbopa reconquiert son trône, tandis que Quatermainet Curtis rentrent chez eux. Sur le chemin du retour, ils retrouvent le frèrede Sir Henry. Tout est bien qui finit bien !


Les mines du roi Salomon a été un énorme succès de librairie en sontemps, et il a été porté plusieurs fois à l'écran. On a une adaptationsud-africaine de Les mines du roi Salomon (1918), réalisé par H. Lisle Lucoque.Puis, on trouve un film britannique, Les mines du roi Salomon (1937),réalisé par Robert Stevenson, qui devait diriger plus tard d'importantesproductions Disney, comme Les enfants du capitaine Grant (1962) d'aprèsJules Verne, le film d'aventures L'île sur le toit du monde (1974), lacomédie musicale fantastique Mary Poppins (1964)... Allan Quatermain yest incarné par la star britannique Cedric Hardwicke (le classique de lascience-fiction La vie future (1936), Quasimodo (1939) avecCharles Laughton, Richard III (1955) de et avec Laurence Olivier...).Allan Quatermain revient ensuite sous les traits de Richard Chamberlain (surtoutcélèbre comme acteur de séries télévisées romanesques comme Les oiseauxse cachent pour mourir...) dans Allan Quatermain et les mines des du roiSalomon (1985) de Jack Lee Thompson, produit par la firme indépendanteCannon ; ce film aura même une suite avec Allan Quatermain et la cité del'or perdu (1986) de Gary Nelson. Dans ces deux derniers cas, il s'agissait,bien sûr, de surfer sur le succès des aventures d'Indiana Jones (Lesaventuriers de l'arche perdue (1981) et Indiana Jones et le temple maudit(1985) de Steven Spielberg). On peut encore citer une curiosité : lepéplum de fantaisie Maciste et les mines du roi Salomon (1964),réalisé par l'italien Piero Regnoli, dans lequel le célèbre héros romainintervient dans un conflit de succession au sein d'une tribu sur le territoirede laquelle se trouve les mines du roi Salomon et leur trésor.



Les mines du Roi Salomon (1950)


Par certains aspects, le récit de cette version cinématographique diffèredu roman. Allan Quatermain gagne sa vie en servant de guide à des touristesdésireux de chasser l'éléphant. Il est un jour sollicité par ElisabethCurtis et son frère John Goode afin de les guider dans la recherche de HenryCurtis, le mari d'Elisabeth, disparu alors qu'il était parti en quête dutrésor mythique des mines du roi Salomon. L'expédition part donc vers le cœurde l'Afrique et affronte maints périls (animaux sauvages, tribusbelliqueuses...). Ils sont rejoints en cours de route par un indigène nomméUmbopa. Enfin, ils arrivent dans le territoire Watusi, sur lequel se trouvent lesmines du roi Salomon... En fait, on remarque deux changements essentiels.D'abord, ce n'est plus un homme à la recherche de son frère qui sollicite lesservices de Quatermain, mais une femme à la recherche de son mari disparudepuis de longs mois. Enfin, le prince Umbopa, présent dès le début del'expédition dans le roman, ne rejoint les voyageurs qu'assez tardivement aucours de cette adaptation.


Grand film d'aventures exotiques, Les mines du roi Salomon est bâtiselon une succession assez linéaire de péripéties parsemées le long du chemindes explorateurs. Toutefois, on joue plus sur le caractère visuellementspectaculaire des aventures en question que sur la densité de l'action. Ainsi,si de nombreuses séquences mettent en scène de véritables animaux sauvages,dans des séquences tournées pour l'occasion (crocodiles, éléphants, fauves...),les plans réunissant des acteurs et la faune exotique sont assez rares. Quant auxscènes jouant sur une interaction réelle entre les animaux et les humains, elles sont rarissimes (mais citons tout demême la célèbre et trèsspectaculaire séquence de l'incendie de la brousse). Lorsque lesaventuriers rencontrent des tribus africaines, l'action reste aussi trèslimitée. Il en va de même pour l'expédition dans les mines du roiSalomon. Il ressort de tout cela l'impression de regarder un film un peu tropstatique et bavard.


Pourtant, Les mines du roi Salomon a d'autres atouts pour séduire lespectateur. Le choix d'un tournage dans d'authentiques extérieurs africains(Kenya, Congo, Tanzanie, Ouganda) apporte une touche documentaire assezsingulière. Les paysages, d'abord, sont grandioses. La variétéet l'exotisme de la faune et de la flore sont remarquablement mis en valeur.Surtout, les rencontres avec les tribus africaines donnent lieu à des scènes étonnantes. Costumes, silhouettes, langages, architectures et maquillagestraditionnels proposent une merveilleuse galerie d'images inédites, au fort pouvoirdépaysant, rompant avec le ton assez artificiel des productions tournées enCalifornie. On remarque que certains extérieurs ont aussi été tournés dansdes paysages sauvages américains, comme la Vallée de la Mort (pour laséquence du désert) ou des cavernes du Nouveau-Mexique (pour les mines du roiSalomon).


Si Les mines du roi Salomon laisse un peu sur sa faim en ce quiconcerne le dynamisme de ses péripéties, il se défend bien sur un terrain quin'est plus vraiment le fort des productions d'aventures hollywoodienne en ce début deXXIème siècle : les personnages. Allan Quatermain est un veuf endurci par lavie et insatisfait de son existence. Il va même jusqu'à envisager deretourner en Grande-Bretagne, où il n'aurait pourtant guère sa place. .Elisabeth Curtis est une femme venant d'une richefamille. Elle a épouséun homme qu'elle n'aimait pas réellement, et l'a traité sans tendresse.Henry Curtis est donc parti en Afrique, à la recherche des mines du roi Salomonpour fuir cette situation intenable. Si Elisabeth part à sa recherche, c'estplus par culpabilité que par affection réelle. Goode et Quatermain comprennentfort bien cette situation qu'Elisabeth se cache pourtant à elle-même. Un sentiment naîtentre l'aventurier et la jeunefemme. Mais ces deux êtres blessés vont se fuir et compliquer la tâche deCupidon...Alors que le roman de Rider Haggard était avant tout un énergique livre d'aventures, ce film est en fait une histoire d'amour romantiquemettanten scène deux personnages adultes et attachants, appelés à recommencer àvivre après des expériences personnelles douloureuses. Les aventures exotiquesne servent que de superbes toiles de fond à cette romancemagnifiquement interprétée par deux comédiens exceptionnels : Deborah Kerr etStewart Granger.


Les mines du roi Salomon est donc une réussite du cinéma d'aventureshollywoodien. Si les amateurs d'action pure resteront sur leur faim, onappréciera néanmoins la splendeur et l'authenticité des magnifiques images dece film, ainsi que la qualité de son interprétation et la justesse touchantede la romance qu'il met en scène. Ce sera en tout cas un beau succèscommercial pour la MGM, qui fera alors de Stewart Granger une de ses stars. Neufans plus tard, la même firme proposera une suite à cette oeuvre, appelée Watusi,dans laquelle on retrouvera de nombreux plans chipés dans Les mines du roiSalomon.



Bibliographie consultée :

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