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Horace Pinker, un tueur en série, sévit dans une petite ville. Il tue des membres de la famille de Jonathan Parker, un jeune lycéen. Celui-ci a la faculté surnaturelle de voir dans ses rêves Pinker commettre ses meurtres. Grâce à ce pouvoir, il parvient, avec l'aide de la police, à démasquer puis à capturer le maniaque. Mais ce n'est que le début de l'affrontement entre Horace et Jonathan...



En 1989, Wes Craven vient de sortir L'emprise des ténèbres (1988), un excellentthriller vaudou, produit par Universal et très correctement accueilli par le publicaméricain. Craven signe ensuite avec la petite compagnie Alive Productions pour deuxfilms. A la même période, cette firme concluera un accord semblable avec John Carpenter,qui réalisera pour eux Prince des ténèbres (1987) et Invasion Los Angeles(1988). Dans le cadre de cet accord, Craven envisage un moment de tourner un troisièmevolet à la saga de La colline a des yeux (1977), mais cette idée est viteabandonnée au profit de Shocker. Universal, qui distribue les films Alive, luidemande en effet de créer un nouveau tueur dans la lignée de Freddy (apparu pour lapremière fois dans son Les griffes de la nuit (1984)) afin de créer une sérietoute aussi rentable. Le réalisateur s'exécute donc, avec Shocker, mettant enscène Harold Pinker, un réparateur de téléviseurs porté sur la magie noire et serialkiller à ses heures. C'est Mitch Pileggi (il sera Skinner dans la série TV Auxfrontières du réel) qui hérite de ce rôle haut en couleurs, tandis que Peter Bergincarne l'adolescent qui va l'affronter (on l'a aussi vu dans Last seduction (1994)de John Dahl, et il a lui-même réalisé la comédie noire Very bad things(1998)...). A leurs côtés, trouve Michael Murphy (Brewster McCloud (1970) deRobert Altman, Manhattan (1979) de Woody Allen...) ou, dans un rôle très court,Heather Langenkamp (Les griffes de la nuit, Freddy 3, les griffes ducauchemar (1987) de Chuck Russell, Freddy sort de la nuit (1994) de WesCraven...)...
Horace Pinker est un serial killer qui a pour particularité de ne s'en prendre qu'à desfamilles. La police peine à découvrir son identité. Pourtant, Jonathan Parker, lycéenet fils d'un lieutenant de police, semble doué d'un étrange lien télépathique avec cemaniaque. Ainsi, quand celui-ci tue ses frères et sa mère, il assiste à la scène enrêve. Incrédule au départ, les forces de police utiliseront finalement son don afin depiéger le tueur. Pinker, réparateur de télévision, adepte de la magie noire, estcondamné à la chaise électrique et exécuté. Pourtant, si la décharge mortelle quilui est administrée tue son corps, son esprit survit sous forme d'un étrange courantélectrique. Il passe d'abord de corps en corps, possédant des personnes contre leurgré. Puis, il trouve moyen de circuler à travers le réseau télévisé, et parvientainsi à se déplacer en toute liberté, à la vitesse d'un signal vidéo. Jonathan Parkerva tenter de le neutraliser... A travers cette histoire, Craven fournit comme prévu unrécit où les rapprochements avec Les griffes de la nuit sont nombreux. Legénérique nous présente les mains de Horace Pinker bricolant une vieille télévisiondans un atelier insalubre, de la même façon que Freddy confectionnait son fameux gant.Ce tueur marginal et grossier s'en prend à des familles paisibles, au mode de viebourgeois. Sa mort physique va marquer le début de sa vengeance. Le domaine du rêve joueun rôle très important (en tout cas pour la communication entre Jonathan et sa fiancée)et les scènes de meurtre mêlent une âpreté typique des films de Craven (Ladernière maison sur la gauche (1972)...) à des bizarreries oniriques assezsurréalistes...


Le début de Shocker est d'ailleurs la partie évoquant le plus Les griffesde la nuit. Plongé en grande partie dans une obscurité bleutée, il laisse planerpas mal de mystère en ce qui concerne le personnage de Pinker, brute obscène etcrasseuse, admirablement campé par Mitch Pileggi. Ses exactions sont d'une violence assez"efficace", voire choquante (la découverte du corps d'Alison, la petite amie deJonathan, est impressionnante...). Réalisme et scènes oniriques sont mêlés d'unemanière ambiguë, aussi déstabilisante pour les personnages que pour le spectateur.Enfin l'exécution capitale de l'irrécupérable assassin est un moment très réussi,notamment dans sa façon de mettre en place une fort sentiment d'appréhension avantl'arrivée du tueur, lui-même pourtant assez peu ému par sa mise à mort...


Un autre passage réussi du film est son dénouement délirant, au cours duquel Pinker,devenu un signal vidéo, circule à travers des émissions télévisés, rentre et sortdans la réalité à travers les écrans des postes domestiques. Alors que Freddy étaitle maître du royaume des cauchemars, Pinker est celui du domaine images télévisées. Ilentraîne alors Jonathan dans l'univers chaotique des images dont s'abreuve la sociétéaméricaine : jeux idiots, télévangélistes, séries mièvres, images de guerre, sportsviolents... Ce morceau de bravoure, résultat d'un admirable travail sur les trucages etle montage, constitue sans doute le clou de Shocker et parvient à trouver un tonassez original, qui permet à ce film de dépasser son statut de copie de Les griffesde la nuit.


Hélas, entre une première partie intrigante et un dénouement réussi, il faut subir unebonne heure de métrage longuette et bien moins intéressante. Pinker se déplace de corpsen corps, à la manière du parasite extra-terrestre de Hidden (1987), bon filmde SF réalisé par Jack Sholder. Pourtant, ici, le résultat manque gravementd'originalité. On perd le jeu efficace de Mitch Pileggi, et on subit des séquencesplates, voire imprégnées d'un burlesque déplacé (quand Pinker prend possession ducorps d'une fillette...). On regrette encore des passages à la limite du grotesque, commeles apparitions très fleur-bleue du fantôme d'Alison, ou les réunions entrefootballeurs. Shocker semble alors se disperser entre des intrigues un peudébiles, trop lentes, et des personnages bien peu attachants. On arrive à un résultatqui laisse dubitatif quand on sait qu'il a été réalisé et écrit par Wes Craven (avecfinal cut !), qui venait de proposer un an auparavant L'emprise des ténèbres.


Shocker est donc plutôt un faux-pas dans la carrière de Wes Craven.Heureusement, son long-métrage suivant, Le sous-sol de la peur (1991) (toujourspour la firme Alive), sera autrement plus satisfaisant. Shocker connaîtra unsuccès relativement mitigé, en tout cas loin de ceux que connaissaient alors les Freddyde la firme New Line, et inférieur à celui de L'emprise des ténèbres. L'idéede créer une franchise autour du personnage de Pinker sera abandonnée, et Shockern'aura donc pas de suite. Par contre, Le témoin du mal (1998), un thrillermédiocre avec Denzel Washington, proposera une histoire très proche de (pour ne pas dire
copiée sur) Shocker : au moment de son exécution, un serial killer parvient
à s'échapper de son enveloppe corporelle pour devenir un esprit qui va possédersuccessivement plusieurs personnes.


Bibliographie consultée :

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pour les "graisseux"
Docteur Clarendon 02/08/2003
Un film pour les amateurs de Hard rock notamment du groupe "Megadeth" pour les connaisseurs. En effet toutes les musiques du film avaient été concoctées par un certain nombre de groupe de Heavy Métal et de Trash en vogue à ce moment là. L'ayant vu au cinéma je n'en garde pas un immense souvenir la note est amplement justifiée ainsi que la critique.
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