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Brett, un jeune lycéen timide, reçoit un jour un mystérieux colis par la poste. Il s'agit en fait d'un objet magique réputé être capable d'exaucer trois voeux. Brett découvre que cela fonctionne. Mais des élèves de son lycée sont alors mystérieusement assassinés...



Wishcraft est un petit slasher américain qui est, semble-t-il, la premièreréalisation de Danny Graves. Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, le succès de laparodie Scary movie (2000) n'a pas complètement mis un terme à la vague desnéo-slashers ayant suivi le succès de Scream (1996) de Wes Craven. Ainsi, dansun style semblable, Mortelle saint-Valentin (2001) de Jamie Blanks connaît unbon petit succès malgré sa réputation exécrable. Si Jason X (2001) fait unecarrière américaine un peu décevante, son concurrent Halloween resurrection (2002),huitième volet de sa série, rapporte lui aussi des recettes confortables. Parconséquent, il n'est pas anormal d'avoir vu des petites compagnies continuer à sortir detels films : ainsi, l'infatigable David DeCoteau proposait encore récemment un Finalscream (2001) pour le marché vidéo. Wishcraft a été présenté dansdivers festivals (notamment à Bruxelles) sans soulever vraiment l'enthousiasme. Il estnéanmoins distribué en France au cinéma. Son casting ne met pas vraiment en vedette desstars : on y trouve en tête d'affiche Michael Weston (le slasher réputé Cherryfalls (2001)...), Alexandra Holden (les comédies In & out (1998), Bellesà mourir (1999)...), Huntley Ritter (Voodoo academy (2000) de DavidDeCoteau, la comédie American girls (2000)...)... Ce sont plutôt des jeunesacteurs habitués aux seconds rôles et aux petites productions. Néanmoins, on trouveaussi deux guest stars : Zelda Rubinstein (qui incarne la médium Tangina Barrons dans Poltergeist(1982) et ses suites...) et le chanteur de rock Meat Loaf (The Rocky horror pictureshow (1975), La tête dans le carton à chapeau (1999) réalisé par AntonioBanderas, Fight club (1999) de David Fincher...).


Le récit de Wishcraft est relativement original pour un slasher américain.Brett est un lycéen au caractère un peu effacé, mais néanmoins bon élève. Ils'éprend de la plus jolie fille de la classe, petite amie officielle de Cody, star del'équipe de football de l'établissement. Brett reçoit pourtant un jour un étonnantpaquet par la poste : il s'agit d'un objet répugnant et très ancien (on apprendra plustard qu'il s'agit d'un pénis de bœuf !). Un mot anonyme accompagnant l'envoiprétend que cet objet est capable de réaliser trois voeux émis par la personne àlaquelle il a été offert. Sans y croire vraiment, Brett souhaite que Samantha aille aveclui au bal de son lycée. Le lendemain, la jeune fille vient lui demander de l'accompagnerà la soirée en question, laissant Cody sur le carreau. Tout semble alors aller pour lemieux pour Brett. Pourtant, des élèves du lycée commencent à être mystérieusementassassinés par un inconnu... Outre les classiques néo-slashers des années 1990, Wishcraftpeut aussi évoquer par son thème central Wishmaster (1997) de RobertKurtzman, dans lequel, de nos jours, un mauvais génie devait exaucer trois voeux émispar la personne qui l'avait réveillé (on note que le quatrième volet de cette sériesort en vidéo en automne 2002 aux USA).


Il faut aussi signaler que Wishcraft a l'intelligence de centrer son récitautour de personnages dont la caractérisation est suffisamment développée pourintéresser le spectateur. De même, l'interprétation tout à fait correcte nous aide ànous sentir concerné par les évènements. On est loin des teen-agers "chair àmachette" qui traînent depuis plus de vingt ans dans la série des Vendredi 13.On remarque aussi que, contrairement à la plupart des néo-slashers des années 1990 quine faisaient que très rarement appel au fantastique (Scream, Souviens-toi...l'été dernier (1997) de Jim Gillepsie, Urban legends (1998) de JamieBlanks...), le surnaturel a bien sa place dans Wishcraft, aussi bien dans ledéroulement de l'intrigue (tout ce qui tourne autour de l'objet magique) que dansl'atmosphère du métrage (les meurtres notamment, avec son tueur à la silhouettefantomatique). Toujours en opposition à la vague de Scream et consorts, Wishcraftrefuse le petit jeu démagogique des clins d'oeil cinéphiles et du second degré,notamment lors des apparitions du tueur, toujours traitées avec le plus grand sérieux.


Pourtant, Wishcraft souffre de défauts regrettables. Après la mise en place dela situation de départ, le récit a tendance à devenir terriblement prévisible.Surtout, il évolue avec une lenteur désespérante. L'enquête policière semble bienfastidieuse et se disperse dans des fausses pistes souvent vaines et très grossières.Rapidement, un ennui léger se fait sentir. Tout cela n'est pas sauvé par des scènes demeurtres peu imaginatives (à part la séquence de la balle de bowling, à la rigueur) etsurtout assez peu violentes. Quand à la révélation finale sur la nature du tueur, elleest tout de même assez désastreuse et laisse le film s'achever sur une mauvaiseimpression.


Wishcraft est une petite production qui ne manque donc pas d'ambition ni de bonnevolonté.  Néanmoins, son scénario inégal et ses scènes horrifiques trop peueffrayantes laissent tout de même sur un sentiment mitigé.
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