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Une femme divorcée s'installe dans une petite ville d'Australie avec ses trois enfants. Elle ne sait pas que, dans le jardin de la maison où elle habite désormais, se trouve une petite cabane qui a été le théâtre d'un drame sanglant trente ans auparavant...



Cubbyhouse est une petite production horrifique australienne réalisée etécrite par Murray Fahey. Après avoir fait l'acteur dans son pays (notamment dans Ledrive-in de l'enfer (1986)...), il est devenu réalisateur au début des années 1990
toutefois, c'est la première fois qu'il s'attaque au genre fantastique. C'est aussi son
premier film à sortir sur les écrans de cinéma en France. Dans le rôle principal,celui de Danny Graham, on trouve l'acteur américain Joshua Leonard, un des trois jeunescinéastes amateurs persécutés par des forces mystérieuses dans Le projet BlairWitch (1999) : alors qu'il se destinait à travailler comme opérateur, ce succès aorienté sa carrière vers l'interprétation, et on l'a retrouvé ensuite dans des petitesproductions ou dans des seconds rôles (Les chemins de la dignité (2000) avecRobert De Niro...). A ses côtés, on trouve l'australienne Belinda McClory, vu dans Matrix(1999) tournés par les frères Wachowski en grande partie dans son pays.
Cubbyhouse mêle dans son récit des éléments fantastiques assez classiques,tels qu'une maison hantée ou des enfants possédés. Après un mariage malheureux quis'est terminé par un divorce, Lynn Graham, une australienne, quitte la Californie etrevient dans son pays avec ses trois enfants : Danny, qui est en âge d'aller àl'université, Nathalie et Ivan (qui ont six et huit ans respectivement). Elle s'installedans une vieille maison, abandonnée depuis un bon moment. Au fond du jardin, les enfantsdécouvrent une cabane (la "Cubbyhouse" du titre du film) dans laquelle ilsiront jouer souvent. Ce que la famille Graham ignore, c'est que cette cabane a été lethéâtre du meurtre de deux enfants par leur père, il y a trente ans de cela. Petit àpetit, Danny va se rendre compte que la cabane a une influence inquiétante sur son petitfrère et sa petite soeur... Si tout cela n'est pas d'une originalité flagrante, Cubbyhousea le mérite de présenter au début du métrage ses personnages de façon simple ettouchante, notamment avec le personnage de Lynn, mère un peu déboussolée cherchant àreprendre pied après un drame familial : elle est très bien interprétée par BelindaMcClory.


Pourtant, plus le film progresse, plus les influences d'autres films fantastiquesdeviennent patentes. La plus évidente d'entre elles est certainement celle d'Evildead (1982) et Evil dead 2 (1987) de Sam Raimi. Cabane en bois vermoulueentourée d'une végétation inquiétante, caméra cavalant au ras du sol pour évoquerles déplacements d'une force démoniaque en vue subjective, branchages et lianesagressifs et agités, grimoire magique... : on retrouve donc de nombreux éléments quiont fait le style et la postérité des films de Raimi. Même le final rappelle beaucoupla conclusion spectaculaire d'Evil dead 2, avec son mur qui s'ouvre sur ungouffre démoniaque. De même, l'usage assez fréquent d'un humour léger (l'agentimmobilier...) évoque encore ces films.


Cubbyhouse emprunte aussi des éléments à des films d'horreur plus classiques.La figure des deux jeunes enfants inquiétants sort directement de Les innocents(1961) de Jack Clayton. De même, des histoires d'enfants possédés devenant un dangerpour les adultes, on en a vu un certain nombre : l'étonnant Amityville II, lepossédé (1982) de Damiano Damiani ; le récent Un jeu d'enfants (2001) deLaurent Tuel, dans lequel deux jeunes enfants terrorisent leurs parents (Karin Viard etCharles Berling !) ; L'exorciste (1973) de William Friedkin, bien sûr...D'ailleurs, Cubbyhouse n'oublie pas de s'achever sur une scène d'exorcisme dansla plus pure tradition du genre, tandis qu'on nous révèle que le site maudit est en faitune porte donnant sur l'Enfer (comme dans Amityville, la maison du Diable (1979)de Stuart Rosenberg ou L'au-delà (1981) de Lucio Fulci...).


Comme on le voit, Cubbyhouse laisse tout de même flotter un fort parfum dedéjà-vu, et finalement, on finit par suivre les péripéties de façon assez détachée,sans vraiment s'y intéresser. La banalité de la réalisation (parfois maladroite, avecdes faux-raccords embrassants) et surtout de certains interprètes (les enfants notamment)finissent même par irriter, voire par engendrer un brin d'humour involontaire. Toutefois,il faut reconnaître que la modestie de l'ensemble donne à ce film un ton assezsympathique et divertissant.


Cubbyhouse est donc un petit produit fantastique assez quelconque, dont on amême du mal à comprendre comment il s'est retrouvé distribué au cinéma en France dansun nombre de copies assez important. Il a en effet plutôt le calibre d'un produit vidéo.Banal dans son propos et dans sa mise en forme, il émane pourtant parfois de ce film sansprétention un charme sympathique.
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