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Evan Rendel, le fils d'un médecin serial killer, s'évade de l'asile où il était interné. Il retourne dans la ville où son père a été lynché par la populace, bien décidé à le venger...



Dr. Rictus est un slasher s'inscrivant dans la tradition des films de terreuraméricain comme Halloween (1978) de Carpenter ou Vendredi 13 (1980) deSean S. Cunningham. Ce genre avait connu une très grande prospérité dans les années1980, avec des titres comme Le bal de l'horreur (1980) avec Jamie Lee Curtis, Lesgriffes de la nuit (1984) de Wes Craven, Massacre au camp d'été (1983) deRobert Hiltzik... Le filon s'est progressivement tari au cours de la seconde moitié desannées 1980, et seules les grosses franchises brûlaient encore, de leurs derniers feuxau début des années 1990 : Jason va en enfer (1993) d'Adam Marcus ou Freddysort de la nuit (1994) de Wes Craven... Pourtant, certains petits films de ce stylesortaient encore, parmi lesquels ce Dr. Rictus. Il est réalisé par Manny Coto,qui avait, auparavant travaillé pour la série télévisée Les contes de la crypte,avant de réaliser plusieurs films : Playroom (1990) (un film d'horreur tournéà Belgrade), puis Envoyé spécial (1990), (un film d'action avec DolphLundgren). Après Dr. Rictus, il a surtout œuvré pour la télévision,notamment sur des téléfilms fantastiques destinés aux enfants. Parmi les acteurs, ontrouve Cliff De Young (Les prédateurs (1983) de Tony Scott, Dangereusealliance (1996)...), Holly Mary Combs (alors âgé de 19 ans : elle allait ensuitejouer dans la série TV Charmed...), Glenn Quinn (qu'on retrouvera, lui, dans lasérie Angel, dérivée de Buffy contre les vampires...), RichardBradford (La poursuite impitoyable (1966) et The Missouri breaks (1976)d'Arthur Penn...)... Surtout, le rôle du docteur Rictus est tenu par Larry Drake,comédien au physique impressionnant, qui venait de tenir le rôle d'un gangster trèsinquiétant dans Darkman (1990) de Sam Raimi.
Le récit de Dr. Rictus ne brille guère par son originalité. Evan Rendell, undangereux psychopathe, s'évade d'un asile psychiatrique et décide de retourner à saville natale pour se venger des habitants qui ont lynché son père : celui-ci était unserial killer qui pratiquait la profession de médecin et qui avait perdu la raison suiteà la mort de sa femme décédé à cause de problèmes cardiaques. Or, dans cette ville,parmi les adolescents du lycée, la jeune Jennifer souffre de troubles cardio-vasculairestrès graves, qui exigent une opération chirurgicale... Evan Rendell va passer la nuit àsemer la mort dans la ville...


Il n'aura échappé à personne que le récit rappelle très fortement Halloween! Un psychopathe interné dès son enfance s'évade à l'âge adulte et retourne dans sapetite ville pour se venger, en s'en prenant notamment à tous les adolescents un peuturbulents qui lui passent sous la main. Il pousse le même le goût de l'imitationjusqu'à installer son "cabinet" dans la maison familiale laissée à l'abandonet à la décrépitude depuis des années, comme l'avait fait Michael Myers dans le filmde Carpenter. On trouve aussi des similitudes avec Les griffes de la nuit, commepar exemple la comptine mystérieuse que se racontent les enfants ; surtout, c'est lerecours très fréquent à l'humour, notamment lors des interventions médicalesdélirantes du "docteur Rictus", qui rappelle le plus cette série des Freddy (Lecauchemar de Freddy (1988) de Renny Harlin...).


Toutefois, à travers le portrait original de son tueur, Dr. Rictus fait preuved'une certaine originalité. En effet, Evan se prend pour un médecin et considère sesvictimes comme des patients auxquels il administre un traitement à l'aide d'outilsmédicaux "améliorés" (un thermomètre au bout duquel se trouve une pointe demétal...) ou détournés de leur usage premier (le tensiomètre...). Cela donne lieu àdes mises à mort plutôt originales. Les effets spéciaux de KNB (Une nuit en enfer(1996) de Robert Rodriguez, Vampires (1998) de John Carpenter...) sont trèssatisfaisants, bien que relativement peu sanglants. L'interprétation de Larry Drake esttrès réussie : son jeu, tout en humour froid et pince-sans-rire est d'ailleurscertainement ce qu'il y a de meilleur dans ce film. On apprécie aussi certainesséquences étonnantes, dans lesquelles Manny Coto fait preuve d'une invention étonnante
ainsi le générique nous fait voyager parmi les globules rouges du sang d'une victime
du "docteur Rictus" ; un flash-back assez délirant nous montre une"re-naissance" très particulière...


Malheureusement, Dr. Rictus souffre aussi de défauts rédhibitoires. Commesouvent dans les slashers américains, les personnages des adolescents sont au mieuxinintéressants (Jennifer...), au pire complètement débiles. Certes, le récit chercheà créer des parallèles entre la famille du tueur et celle de Jennifer Campbell (la mortde la mère, les problèmes cardiaques...), mais le manque de conviction de certainscomédiens ne nous permet pas de vraiment nous y intéresser. Le film ne devientrapidement qu'un enchaînement de meurtres, sans beaucoup de surprises, comme on en adéjà souvent vu.


Dr. Rictus n'est donc qu'un slasher comme les autres, qui se regarde toutefoissans ennui, ce qui est déjà bien. Il ne faut toutefois pas lui demander d'être plusqu'un divertissement légèrement horrifique. Dr. Rictus ne sera pas vraiment unsuccès, et il faudra attendre Scream (1996) de Wes Craven pour que le slasherredevienne véritablement à la mode. D'autre part, on verra un autre membre du corpsmédicale se livrer à une des pratiques meurtrières avec le bon Le dentiste(1997) de Brian Yuzna, dans lequel un orthodontiste devient fou et s'en prend à sonentourage.



Bibliographie consultée :

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