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Trente ans après avoir profané la tombe de la princesse Ananka, un archéologue coule des jours tranquilles dans le Massachusetts. Le grand prêtre égyptien Mehemet Bey se rend aux USA, accompagné de la momie de Kharis maintenue en vie grâce a des feuilles de Tana. Ce prêtre est bien décidé à utiliser Kharis afin de se venger de l'archéologue...



La tombe de la momie est le troisième film consacré à la légende de la momie proposé par la compagnie Universal (Dracula (1931) de Tod Browning, Frankenstein (1931) de James Whale, La momie (1932) de Karl Freund...), et est donc la suite directe de La main de la momie (1940) de Christy Cabanne. Il est réalisé par l'américain Harold Young : monteur de formation (par exemple L'athlète incomplet (1926) de Frank Capra avec Harry Langdon...), il exercera cet emploi dans des productions de plus en plus importantes, notamment sur des films tournés pour des compagnies hollywoodiennes en Grande-Bretagne (Catherine la grande (1934) de Paul Czinner, La vie privée d'Henry VIII (1934) d'Alexander Korda, avec Charles Laughton...). Korda permettra alors à Harold Young d'y réaliser ses premiers films, dont Le mouron rouge (1934), qui sera un triomphe. Il retourne aux USA où il commet de nombreuses petites productions en tous genres (aventures avec The storm (1938), espionnage avec Sabotage (1939), drame avec The forgotten woman (1939), comédie musicale avec Swing it soldier (1941), films de gangsters avec Rubber racketeers (1942)...). Il réalise aussi des oeuvres fantastiques à petits budgets pour la Universal : La tombe de la momie et aussi The frozen ghost (1945), un épisode de la série des Inner sanctum. On se rappelle que le rôle de la momie Imhotep a été inauguré magistralement par Boris Karloff (Frankenstein de James Whale...) en 1932 dans La momie réalisé par Karl Freund pour la Universal. En 1940, la même compagnie relance ce mythe avec les aventures de la momie Kharis (interprété par Tom Tyler), dans La main de la momie de Christy Cabanne. Dans La tombe de la momie, le rôle de Kharis est interprété par la star montante de l'épouvante des années 1940 : Lon Chaney Jr. (Creighton Tull Chaney de son vrai nom).
Ce dernier est le fils de Lon Chaney, qui était grande star du cinéma muet hollywoodien (Le fantôme de l'opéra (1925) de Rupert Julian, L'inconnu (1927) de Tod Browning...). Mais il n'encouragea pas son fils à être comédien. Chaney Jr. fait alors de nombreux petits boulots (boucher, plombier...). Dès la mort de son père (en 1930), il tente de devenir acteur : mais les producteurs veulent que son nom de scène soit "Lon Chaney Jr". Il refuse au début, et veut se faire un nom pour lui-même ; mais, devant les difficultés qu'il rencontre dans ce métier, il accepte à partir de 1935. Le succès vient vraiment avec Des souris et des hommes (1939) de Lewis Milestone, d'après le roman de John Steinbeck. Il signe alors un contrat avec la compagnie Universal pour laquelle il crée le rôle du lycanthrope Lawrence Talbot dans Le loup-garou (1941) de George Waggner. Universal voit alors en Lon Chaney Jr. la nouvelle star de l'épouvante et veut l'imposer comme l'héritier artistique de son père. Elle lui fait alors interpréter les grands rôles du répertoire fantastique : le monstre de Frankenstein dans Le spectre de Frankenstein (1942), Dracula dans Le fils de Dracula (1943), la momie dans La tombe de la momie... Hélas, cette compagnie alloue des budgets de plus en plus minuscules aux films d'horreur, et Lon Chaney Jr. connaît de graves problèmes d'alcoolisme. A partir des années 1950, il devient un acteur indépendant, et tourne dans de nombreux films de genres variés ( le western avec Le train sifflera trois fois (1952) de Fred Zinnemann, le drame avec Pour que vivent les hommes (1955) de Stanley Kramer...). Une grande partie de sa carrière restera néanmoins consacrée au fantastique (The black sleep (1956) de Reginald Le Borg, La malédiction d'Arkham (1963) de Roger Corman...), parfois dans des productions très médiocres (The alligator people (1959) de Roy Del Ruth, Dracula vs. Frankenstein (1971) d'Al Adamson...). Lon Chaney Jr. meurt en 1973.

Mais, retournons au film La tombe de la momie. Son action se déroule trente ans après La main de la momie, dont un flash back d'une bonne dizaine de minutes composé de séquences provenant de ce film, nous rappelle les principales péripéties. Alors qu'on croyait le terrible prêtre Andoheb mort et la momie Kharis réduite à un tas de cendres, on découvre ici qu'il n'en est rien. Andoheb, très âgé, vit encore et transmet ses secrets au jeune prêtre Mehemet Bey. Quant à Kharis, il est à peine amoché et peut encore servir la malédiction de la princesse Ananka. Les archéologues survivants vivent maintenant une paisible retraite aux Etats-Unis. Mehemet Bey traverse l'Atlantique avec Kharis et, les nuits de la pleine lune, envoie celui-ci massacrer ces profanateurs et leurs familles. C'est là la principale originalité de ce film : la momie quitte son Egypte natale et sévit désormais en pleine Nouvelle-Angleterre...

Au cours de ce métrage, surtout pendant les séquences mettant Kharis en scène, on retrouve les qualités des meilleurs productions Universal. Les décors et les maquillages sont encore somptueux (c'est toujours Jack Pierce (Frankenstein...) qui est chargé de créer le monstre), la photographie en noir et blanc compose de belles images fantastiques et contrastées. De son côté, Lon Chaney Jr. parvient à imprimer suffisamment de vie au rôle, pourtant limité, de la momie de Kharis, lorsqu'il comprend que le sorcier veut utiliser son pouvoir à des fins personnelles et profanes par exemple. Enfin, l'incendie finale de la maison appartient à ce genre de superbes séquences qu'on ne trouve que dans les films d'horreur de cette firme.

Pourtant, les points faibles sont nombreux. Les "gentils", souvent sans saveur ni épaisseur, échangent des dialogues creux au cours de longues et nombreuses conversations ennuyeuses, filmées d'une manière particulièrement impersonnelle. L'histoire manque de rythme et s'essouffle régulièrement dans une enquête fastidieuse. L'interprétation, très fade à quelques exceptions près, n'aide pas non plus. Les remplois abondants de stock-shots piquées dans La main de la momie au début, et surtout de Frankenstein dans la poursuite finale (on reconnaît fort bien le cimetière de ce chef-d'oeuvre de James Whale) achève de donner à ce film la dimension étriquée d'une série B manquant de souffle et d 'ambition.

La tombe de la momie est donc globalement une déception, que quelques séquences relativement réussies ne parviennent pas totalement à racheter. Il sera suivi par Le fantôme de la momie (1944) de Reginald Le Borg, toujours avec Lon Chaney Jr..

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