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Une femme cryogénise son fils malade en attendant qu'un remède soit trouvé pour le guérir. Un accident survient au bout de dix ans. On parvient à le sortir de son hibernation et à le soigner. Mais il a bien changé...



La première partie de la filmographie de Wes Craven (Scream (1996)...) a été assez difficile. Son premier film d'épouvante, le dérangeant La dernière maison sur la gauche (1972), connaît une certaine renommée chez les amateurs d'horreur, mais il devra ensuite travailler sur des petites productions, notamment pour la télévision. Ainsi, ce Terreur froide est un téléfilm. Il a été réalisé juste après Les griffes de la nuit (1984), en attendant que le succès de ce dernier se confirme à travers le monde. On ne signale pas vraiment de vedettes dans le casting. On remarque toutefois que Stan Winston (Aliens (1986), Jurassic park (1993)...) s'est chargé des effets spéciaux.
Terreur froide commence donc comme un récit de science-fiction en nous soumettant des hypothèses sur les effets de la cryogénisation: cette technique propose de geler un être vivant, puis de le "décongeler" plus tard. Évidemment, la seconde partie du programme n'est pas encore au point de nos jours... Ici, les médecins parviennent à sauver une personne traitée ainsi. Mais son retour à la vie ne se fait pas sans problème. Craven explore ici un thème qu'il retrouvera plus tard dans son excellent L'emprise des ténèbres (1988) consacré à la magie vaudou: une personne revient de l'état de mort. Hélas, dans ce Terreur froide, les possibilités de ce sujet ne sont qu'effleurés, lors de la discussion avec le prêtre par exemple, ce qui est plutôt dommage.

Craven préfère décrire un personnage cruel, dans la tradition des méchants typiques de ses films. Leur monstruosité n'est pas forcément physique: c'est leurs dérèglements sadiques qui les rend inquiétants. Ils aiment ainsi faire souffrir les autres, et ils s'amusent de leurs souffrances, de leurs peurs et de leurs humiliations. Ce caractère barbare et amoral les rend vraiment dangereux et terrifiants: on peut citer les brutes de La dernière maison sur la gauche, les cannibales de La colline a des yeux (1978), les "ogres" de Le sous-sol de la peur (1992), ou les assassins de Scream. La méchanceté ludique et pleine d'humour noir du personnage de Freddy, sa plus célèbre création, relève de cette même logique. Dans Terreur froide, la cruauté de Miles est aussi psychologique que physique: il torture la foi d'un religieux, ou joue de biens mauvais tours à ses proches. Si la souffrance d'autrui ne l'émeut plus, elle peut encore l'amuser à l'occasion.

Malheureusement, le récit est beaucoup trop lent et la mise en place de l'action est pour le moins fastidieuse: il faut attendre le milieu du métrage pour que l'histoire démarre vraiment. Pourtant, les acteurs sont dans l'ensemble convaincants. La réalisation de Craven est plutôt correcte, même si il recourt parfois à des ficelles un peu grossières pour effrayer le spectateur. Terreur froide parait somme toute un peu trop conventionnel, aussi bien par son scénario que par sa facture, vraiment très "téléfilm".

Il ne s'agit donc pas d'un très grande date dans l'oeuvre de Wes Craven. Ce n'est pourtant pas un film déshonorant, et il pourra intéresser les fans de ce réalisateur.

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