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Des explorateurs américains se rendent en Amazonie et parviennent à capturer l'homme-poisson. Ils le ramènent en Floride et l'enferment dans un aquarium où il est présenté au public et étudié par des scientifiques...



Grand spécialiste du cinéma de science-fiction américain pendant les années 1950, Jack Arnold (Le météore de la nuit (1953), L'homme qui rétrécit (1957)...) remporta un beau succès avec L'étrange créature du lagon noir (1954) tourné en relief pour la compagnie Universal. A la demande de celle-ci, il se mit rapidement au travail pour une suite (qui ne sera pas filmée en trois dimensions) : La revanche de la créature. Entre ces deux oeuvres, il a le temps d'aider Joseph M. Newman à achever Les survivants de l'infini (1954), un autre classique de la science-fiction. Le rôle principal est ici tenu par John Agar, qui a joué dans de nombreux films fantastiques de cette période (Tarantula (1955) de Jack Arnold, Le cerveau de la planète Arous (1957) de Nathan Juran ...). Le nageur Ricou Browning reprend le rôle de la créature pour les scènes sous-marines. Pour les séquences hors de l'eau, le cascadeur Tom Hennesy prend la place de Ben Chapman dans le déguisement dans l'homme-poisson. On remarque la présence, dans le rôle très court d'un jeune laborantin, de Clint Eastwood (L'inspecteur Harry (1971)...) pour son tout premier rôle au cinéma.
A la fin de L'étrange créature du lagon noir, on laissait l'homme-poisson, mortellement blessé, partir à la dérive dans son lac. Ici, des pêcheurs américains le capturent rapidement pour le ramener à un aquarium aux États-Unis. Si le premier volet de cette série rappelait beaucoup le début de King Kong (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack (l'exploration de l'île du Crâne), Le revanche de la créature évoque plutôt la seconde partie de ce classique (le singe géant est capturé, exposé à New York, et s'enfuit dans la ville, semant la terreur et la destruction). La créature du lagon noir est donc enchaînée au fond d'un bassin dans lequel les scientifiques l'étudient avec soin et les visiteurs viennent le contempler. Mais il finira par s'échapper et sera traqué par la police.

On sait qu'a partir du début des années 1950 (Destination lune (1950) d'Irving Pitchell, La chose d'un autre monde (1951) de Christain Nyby...), l'épouvante traditionnelle telle que l'avait exploitée l'Universal au cours des années 30 (Dracula (1931) de Tod Browning...) avait fait son temps et avait du céder sa place à la science-fiction. Avec son monstre pathétique, la violence de ses agissements et l'absence de technologies spatiales ou extra-terrestres, L'étrange créature du lagon noir semble se rapprocher du fantastique des années 1930 (particulièrement de King Kong, comme on l'a déjà vu). Pourtant, par bien des aspects, les aventures de cette homme-poisson appartiennent bien au domaine de la science-fiction. D'abord, son origine n'a rien de particulièrement surnaturelle : comme cela est bien montré dans La revanche de la créature, il s'agirait en fait d'une étape de l'évolution expliquée par Darwin, un espèce de chaînon manquant entre le poisson et l'homnidé. De plus, toute la partie filmée dans l'aquarium est d'une grande rigueur. Refusant le lyrisme, le suspens et les effets dramatiques faciles, Jack Arnold nous présente l'étude de la créature comme un véritable documentaire scientifique filmé de manière très classique. Cela renforce la crédibilité et le sérieux de ce récit, sans pour autant faire oublier la situation pathétique de cette créature subissant un dressage cruelle. On apprécie toujours autant la splendeur des images sous-marines en noir et blanc, l'élégance de la nage de Ricou Browning et la très haute qualité du maquillage de la créature.

Pourtant, le dernier tiers du métrage, au cours duquel le monstre s'enfuit, est beaucoup moins convaincant. Certes, on retrouve l'émouvant thème de la belle et le bête, mais celui-ci, déjà bien développé dans L'étrange créature du lagon noir, donne une ennuyeuse impression de redite. La fin du film, malgré une photographie nocturne toujours superbe, manque de suspens et de rythme.

En fin de compte, la très grande qualité de la première heure du métrage, sa rigueur et la beauté intemporelle de ses séquences aquatiques, font de La revanche de la créature une belle réussite dans la carrière de Jack Arnold.

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