Forums ■ [PbF] ■ Blogs ■ Toceur(euse)s  » Chat
TocCyclopédie ■ Époques

Herbert West et son camarade Dan Cain ont survécu au massacre de Miskatonic. On les retrouve en Amérique du sud où un conflit sanglant leur permet de s'approvisionner largement en sujet d'études pour leurs recherches sur l'immortalité. West y découvre les vertus étonnantes de la glande d'un reptile...



Re-animator (1985), réalisé par Stuart Gordon et produit par Brian Yuzna, connut un beau succès et devint rapidement un film-culte. Mais Yuzna était très fâché avec le distributeur Charles Band, patron de la compagnie Empire, qui avait conservé les gains de cette oeuvre en "omettant" de le rétribuer. Heureusement, Yuzna possédait les droit pour faire une séquelle, et il se mit lui-même au travail en 1990, juste après Society (1989), sa première réalisation. Un des points les plus faibles du premier épisode étant les effets spéciaux parfois inégaux, Yuzna a engagé une armée de talentueux bricoleurs pour éviter cet écueil. On trouve donc Screaming Mad George (Society...), grand poète du gore fantastique, et l'équipe KNB (Une nuit en enfer (1996) de Robert Rodriguez...), chargée de concevoir le costume de la "fiancée". On retrouve avec plaisir les comédiens Jeffrey Combs et Bruce Abott dans le rôle des deux chercheurs, ainsi que David Gale dans celui d'une tête coupée toujours aussi hargneuse.

On note ici l'exploitation d'éléments de la nouvelle de Lovecraft qui n'avaient pas été employés dans Re-animator. Ainsi, les deux compères se mettent au travail dans un hôpital militaire; leur nouvel atelier souterrain va être mitoyen d'un cimetière; le sérum ré-animateur provient d'une glande de lézard... Pourtant, comme le titre anglais (Bride of Re-Animator) l'indique, Re-animator II est très influencé par une séquelle fameuse dans l'histoire du cinéma fantastique: La fiancée de Frankenstein (1931) de James Whale. Dans ce chef d'oeuvre, le professeur Frankenstein créait une femme pour tenir compagnie au monstre pathétique interprété par Boris Karloff. Ici, Herbert West construit autour du cœur de Meg (la fiancée de Dan, décédée dans Re-animator) une femme composée de morceaux hétéroclites et sanglants.

En effet, Re-animator II explore avec plus de soin que son prédécesseur le thème du savant fou. Yuzna dira que Herbert West et Dan Cain sont deux facettes du professeurs Frankenstein tel qu'on le trouve dans le roman original de Mary Shelley. Herbert est un scientifique très doué et passionné qui, en cherchant à vaincre la mort et à créer de nouvelles formes de vie, se livre à des expériences moralement discutables et défie ouvertement Dieu. Il rappelle beaucoup le savant arrogant et implacable interprété par Peter Cushing dans Frankenstein s'est échappé! (1957) de Terence Fisher. D'autre part, Dan Cain ressent de nombreux scrupules et il se rend compte que les travaux de West dépassent les limites de la raison et de l'éthique.

Une autre caractéristique de cette séquelle est son recours à un gore plus imprégné de poésie fantastique que Re-animator. Poursuivant en cela une démarche amorcée par From beyond (1987) de Stuart Gordon et Society, Yuzna orchestre tout un univers de créatures étranges bricolées par West grâce à son élixir miraculeux: araignée fabriquée à partir d'un œil et de cinq doigts coupés, chien à bras humains, créature à plusieurs têtes. Ce bestiaire baroque et étrange, quelque part entre Bosch et Dali, est évidemment le fruit de l'imagination talentueuse de Screaming Mad George. Mais on apprécie aussi la femme créée par Herbert West: assemblage maladroit de chair et de ferraille, elle est encore éprise de Dan sur lequel elle se livre à d'émouvantes et pathétiques tentatives de séduction macabres.

Pourtant, Re-animator II souffre de problèmes dans sa construction: son démarrage s'éparpille maladroitement dans des directions hasardeuses (l'inspecteur de police, le docteur Hill...), ce qui nuie à la cohérence et à la fluidité du récit. De même, le style de Yuzna est un peu lent, et fait regretter la frénésie qui caractérise Re-animator et les meilleures œuvres de Stuart Gordon.

Pourtant, l'approche de Yuzna, plus intellectuelle et poétique que celle de son prédécesseur, ne manque pas non plus d'intérêt. Re-animator II, malgré ses quelques défauts, reste une oeuvre originale et très intéressante.

«
Le délire continue !
Fab 25/04/2004
Perso, je placerais "Re-Animator 2" au même niveau que le premier. En effet, je trouve que ce second opus est plus rythmé que le premier (qui possède quelques longueurs notamment dans le dévellopement de l'histoire amoureuse entre Dan et Meg). Là, on est "dans le bain" dès le début (la scène au Pérou, qui d'ailleurs n'a pas beaucoup d'importance par la suite...) et les effets gores sont bien plus délirant (le Dr Hill...). Par contre, la réalisation est un peu moins réussi que le premier, mais l'on retrouve tout de même l'esprit série B totalement assuré. Bref à voir !!
Tous les matériels trouvés sur ce site sont la propriété de leurs auteurs respectifs. Toute utilisation de ressource trouvée ici est régie par les Creative Commons. Logo & Déco intérieure par Goomi
Pour toute question quant à leur utilisation, contactez-nous: .