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Une petite île britannique subit, en plein hiver, une canicule surprenante. Pendant ce temps, des personnes et des animaux disparaissent mystérieusement. Hanson, un chercheur, soupçonne que des extra-terrestres soient à l'origine de ces évènements insolites...



Après avoir réalisé, pour la compagnie britannique Planet, L'île de la terreur (1966), Terence Fisher (Frankenstein s'est échappé ! (1957), Le cauchemar de Dracula (1958)...) enchaîne avec La nuit de la grande chaleur (1967), une nouvelle oeuvre de science-fiction tournée pour cette firme (entre les deux, il trouve le moyen de réaliser Et Frankenstein créa la femme (1967) pour la Hammer). Il s'agit en fait de l'adaptation d'un roman de John Lymingtom, qui avait déjà été transposé à la télévision anglaise avec Night of the big heat (1960) de Cyril Coke. Fisher retrouve Christopher Lee et Peter Cushing (dans un petit rôle), ses deux interprètes les plus fameux (Frankenstein s'est échappé !...). A leur côté, on trouve Patrick Allen (Le crime était presque parfait (1954) d'Alfred Hitchcock, Quand les dinosaures dominaient le monde (1970) de Val Guest...) et Jane Merrow (Le lion en hiver (1968) de Anthony Harvey, La fille de Jack l'éventreur (1971) de Peter Sasdy...).
Si, aujourd'hui, le cinéma fantastique anglais des années 1960 évoque prioritairement les ambiances gaslight des chefs-d'oeuvres gothiques de cette époque (Frankenstein s'est échappé !, L'impasse aux violences (1959) de Peter Gilling...), il ne faut pas pour autant négliger les productions britanniques de science-fiction de cette période, généralement influencées directement par les succès américains des années 50 (La chose d'un autre monde (1951) de Christian Nyby, L'invasion des profanateurs de sépulture (1956) de Don Siegel...). Ainsi, avant même de produire ses classiques de l'épouvante, la Hammer se lancera dans le fantastique grâce aux films mettant en scène les affrontements entre le professeur Quatermass et des extra-terrestres (Le monstre (1955) et La marque (1957) de Val Guest), ou bien des produits plus ou moins dérivés de cette série, comme X the unknown (1957) de Leslie Norman. On peut encore citer d'autres classiques de la SF britannique, comme : Le village des damnés (1960) avec George Sanders, dans lequel des enfants extra-terrestres terrorisent un village ; Les damnés (1963) de Joseph Losey, et son drame radioactif ; Le jour où la Terre prit feu (1961) de Val Guest, Les premiers hommes dans la lune de Nathan Juran avec des effets spéciaux de Ray Harryhausen... Terence Fisher lui-même réalisera plusieurs films de science-fiction, dont les trois plus fameux furent tournés dans les années 60 : Earth dies screaming (1964) (Sur une Terre envahie par les extra-terrestres, des hommes s'organisent pour résister...), L'île de la terreur et La nuit de la grande chaleur.

Dans ce dernier, une île devient la base d'entités extra-terrestres se nourrissant de nos sources d'énergie (gaz, pétrole...) et n'hésitant pas à exterminer les humains (d'une manière qui fait penser aux vampires de feu) pour arriver à leurs fins. Le final, un peu décevant, rappelle le film La guerre des mondes (1953) de Byron Haskin et George Pal, tandis que l'ensemble baigne dans un climat de paranoïa qui n'est pas sans évoquer L'invasion des profanateurs de sépulture ou la série TV Aux frontières du réel. La structure du récit (des humains sont assiégés sur une île par des organismes très dangereux...) est très proche de L'île de la terreur.

Toutefois, le scénario choisit de faire passer l'intrigue fantastique au second plan pendant toute la première heure du métrage. En effet, on y suit, avec plus ou moins d'intérêt, le drame matrimonial qui se noue entre l'écrivain interprété par Patrick Allen, sa femme et sa secrétaire/maîtresse. Tout cela semble surtout un prétexte assez leste pour nous montrer Jane Merrow jouer le rôle d'une redoutable allumeuse, arborant des vêtements aussi légers et trempés que possible, prenant des pauses lascives et se badigeonnant le décolleté avec des glaçons (c'est qu'il fait très chaud sur cette île !) ! Si tout cela colle assez bien avec une certaine surenchère érotique du cinéma fantastique anglais de l'époque (on se rappelle que dès Frankenstein s'est échappé ! ou La nuit du loup-garou (1961) de Terence Fisher par exemple, les décolletés des actrices de la Hammer étaient déjà généreux et les situations scabreuses fréquentes : viol, liaisons illégitimes...), Ici, l'intrigue fantastique en souffre beaucoup. Il faut attendre un bon moment avant qu'un personnage se décide à s'inquiéter de l'invasion extra-terrestre. Tout cela paraît bien lent, et même parfois assez ridicule.

Pourtant, la fin de La nuit de la grande chaleur est assez nerveuse et efficace, si bien que le spectateur de cinéma fantastique ne se sent pas complètement floué. On apprécie toujours la réalisation solide de Fisher, et la qualité de l'interprétation, même dans les scènes les moins intéressantes.

Malheureusement, c'est tout de même le sentiment d'ennui qui domine à la vision de cette oeuvre décevante, qu'on réservera aux seuls passionnés d'épouvante britannique des sixties.

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