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Après le décès d'une de leurs amies d'enfance, quatre jeunes filles reçoivent des cartes de la saint-Valentin les menaçant de mort. Un garçon qu'elles ont humilié au collège cherche à se venger...



Jamie Blanks s'était fait remarquer avec son médiocre premier film Urban legend (1998), un néo-slasher qui marchait opportunément sur les traces de Scream (1996) de Wes Craven. Son second film est encore un slasher, bien que, le budget ayant augmenté, il a désormais accès à un casting plus à la mode. On remarque ainsi la présence de David Boreanaz, relativement célèbre pour être l'interprète d'Angel dans la très populaire série TV Buffy contre les vampires. On remarque aussi Denise Richards, plus connue grâce aux couvertures des magazines de la presse beaufisante dite "masculine" que pour ses rôles au cinéma (Starship troopers (1997) de Paul Verhoeven, le James Bond Le monde n'est pas assez (1999)...).

On remarque que, depuis Halloween (1978) de John Carpenter, les auteurs de slashers américains ont toujours eu un faible pour les dates particulières du calendrier. Comme cela, à défaut d'avoir assez d'imagination pour changer l'histoire, on pouvait changer le titre et le masque du tueur. On a ainsi vu défiler Vendredi 13 (1980) de Sean S. Cunningham, Mother's day (1980) de Charles Kaufman pour la fête des mères, Douce nuit, sanglante nuit (1984) de Charles E. Sellier Jr. pour noël, Meurtres à la saint-Valentin (1981) du canadien George Mihalka... Jamie Blanks ne se casse donc pas trop la tête et propose de refaire un slasher qui transforme en cauchemar la journée des amoureux.

Hélas, sa réalisation n'a guère évolué depuis Urban legend : son sens du cadrage et du découpage évoque les séries télévisées les moins ambitieuses. Les scènes de meurtre, extrêmement rares et courtes durant la première heure, sont d'une mollesse et d'une banalité déprimantes. Le gore est toujours soigneusement évité, ce qui empêche encore à ces séquences d'avoir le moindre impact sur le spectateur. Seul le meurtre à la perceuse est (relativement) efficace.

Mortelle saint-Valentin souffre aussi d'un suspens très faible : le motif des crimes étant éventé dès le pré-générique, il est très difficile de s'intéresser à l'enquête fastidieuse. On apprend en effet dans le prologue que l'assassin a été cruellement ridiculisé par des élèves de sa classe lors d'un bal de la saint-Valentin pendant son enfance. Il cherche dès lors à se venger. Tout cela rappelle très fortement Carrie (1976) de Brian De Palma. Mais, alors que ce chef d'oeuvre est bouleversant d'intelligence, de justesse et de sensibilité, Jamie Blanks tape complètement à côté de la plaque : son Mortelle saint-Valentin n'est jamais émouvant ou attachant. Au contraire, ils ne nous proposent que le point de vue des chipies, présentées ici comme des filles plutôt sympas. On notera que le script est abondamment envahi par leurs problèmes sentimentaux, traité à la manière de la presse dite "féminine" la plus idiote. Blanks semble alors faire l'apologie du conformisme, et encourage à se méfier des gens "bizarres" ou marginaux. Bref, le fond de ce film est assez détestable !

Non content d'être prodigieusement ennuyeux, Mortelle saint-Valentin se permet de véhiculer des idées violemment antipathiques. On pourra donc tout à fait se dispenser de la vision de cette oeuvre pénible.

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