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Contrairement à ce qu'on pensait, Jason n'est pas mort à la fin de Le tueur du vendredi. Des jeunes gens viennent passer leurs vacances au bord de Crystal Lake. Ils se disputent avec une bande de voyous de la région. A la tombée de la nuit, Jason vient tous les massacrer...



Le tueur du vendredi (1981) s'est révélé une affaire très rentable pour ses producteurs, et ils décidèrent rapidement de tourner un troisième volet à la série amorcée par le Vendredi 13 (1980) de Sean S. Cunningham. C'est à nouveau Steve Miner (Le tueur du vendredi...) qui le réalise. A part dans le prologue qui nous présente des extraits du film précédent, on ne retrouve aucun acteur apparu auparavant dans la série. La plupart du casting est composé de jeunes comédiens dont Meurtres en trois dimensions sera pratiquement la seule expérience cinématographique. On note toutefois que Tracie Savage avait commencé sa carrière dans La petite maison dans la prairie, et qu'elle deviendra dans les années 1990 une journaliste très fameuse pour la télévision, notamment en couvrant le procès d'O.J. Simpson. Comme quoi, les Vendredi 13, ça mène à tout !
Pour marquer le coup, Meurtres en 3 dimensions est filmé en relief, avec le même procédé que Les dents de la mer 3 (1983) de Joe Alves, et Amityville 3 (1983) de Richard Fleischer. Toutefois, le retour de cette technologie sur les écrans de cinéma prit vite fin, et elle se vit rapidement cantonné aux projections dans les parcs d'attractions (Captain Eo (1986) avec Michael Jackson dans les parcs Disney, T2 3-D : battle across time (1996) de James Cameron, John Bruno et Stan Winston, dans lequel Arnold Schwarzenegger reprend le rôle du Terminator (1984) pour les studios Universal...). On note aussi qu'un passage du film La fin de Freddy - L'ultime cauchemar (1991) de Rachel Talalay était projeté en relief dans les cinémas. Dans Meurtres en 3 dimensions, l'emploi du relief donne lieu à des plans incongrues souvent totalement gratuits (un yo-yo filmé en contre-plongée, une amorce de plan sur une batte de base-ball...).

Le plus frappant, dans ce troisième chapitre des aventures de Jason Voorhes, est l'absence complète de scénario. Si on pouvait déjà se plaindre de la maigreur des deux intrigues précédentes, on est confronté ici à un vide abyssal. On ne sait pas trop comment Jason a survécu et on ne comprend absolument pas les motivations de ses meurtres : leur seule raison d'être semble la volonté des producteurs d'aligner des actes violents pour satisfaire un public peu regardant et avide de frissons faciles. Il découle de cette absence totale de structure narrative un manque complet de suspens. On devine assez facilement quels personnages vont se faire assassiner et les seules surprises que réservent le film sont les façons, plus ou moins originales, dont Jason va les trucider.

Les personnages sont, comme toujours dans cette série, parfaitement insipides et interprétés sans nuance. Toutefois, il faut avouer que certains portraits très caricaturaux (les hippies fumeurs de joints, les loubards millésimés années 1980...) parviennent à amuser et à faire passer un esprit assez BD. On remarque que Chris (l'héroïne principale) a été agressée par Jason il y a quelques temps (cela n'a rien à voir avec les anciens films), ce qui explique sa fragilité psychologique. Un autre personnage (relativement) développé est un jeune homme obèse et mal dans sa peau qui, pour attirer l'attention des filles, s'amuse à faire des farces macabres (comme : se déguiser en tueur...). C'est d'ailleurs lui qui va, involontairement, fournir à Jason son fameux masque de hockey qu'il porte ici pour la première fois. On peut y voir une référence évidente à Halloween (1978) de John Carpenter et à ses suites. Toutefois, si Michael Myers, le tueur d'Halloween a bien une raison de porter un masque (pour reconstituer le meurtre traumatisant de sa sœur qu'il a commis enfant), Jason n'en a aucune (à part qu'il est très laid, mais cela ne semble pas le gêner au début de Meurtres en trois dimensions...).

Si le film est assez uniformément plat et ennuyeux, on apprécie toutefois quelques scènes gore assez franches et amusantes (le personnage coupée en deux alors qu'il fait le poirier, le harpon, le bras coupé...). Meurtres en trois dimensions se permet aussi quelques clins d'oeil au amateurs du cinéma sanglant (un personnage cite La horde sauvage (1969), le western sanglant de Sam Peckinpah ; un autre lit dans la revue américaine spécialisée Fangoria un article sur le maquilleur Tom Savini (Vendredi 13, Zombie (1978) de George Romero...)...). Le dernier quart d'heure se réveille (enfin !) en nous proposant une course-poursuite nerveuse et efficace.

Tout cela ne suffit pas à rattraper ce volet poussif des aventures de Jason, qui reste en grande partie fade et ennuyeux. Ce sera pourtant un des plus gros succès commerciaux de la série, et, quelques temps après, sortira Vendredi 13 : chapitre final (1984) de Joseph Zito.

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