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Cinq petits malfrats se réfugient dans la maison du prestidigitateur Chandu. Ils le prennent en otage avec sa fille. Mais ils ignorent que cette maison est hantée par des esprits plusieurs fois millénaires...



Le réalisateur espagnol Juan Piquer Simòn est connu depuis des années pour ses films fantastiques et d'horreur (Le sadique à la tronçonneuse (1981), Supersonic man (1979)...). Son travail se singularise par une réalisation bâclée, des moyens financiers tout rikikis, des décors étroits et des comédiens assez médiocres. Bref, Simòn est une aubaine pour les amateurs de séries Z riches en dialogues ridicules et en humour involontaire. Le fan de Lovecraft ne peut que s'inquiéter lorsqu'il apprend que ce réalisateur s'attaque aux écrits du maître de Providence... Le résultat est là, et cette "maison de Cthulhu" (titre original espagnol) que nous annonce le titre est supposée être inspirée par ses livres.
Il faut avouer qu'au premier coup d'œil, les références à Lovecraft ne paraissent pas abondantes: le sorcier de service détient un recueil de magie noire portant le nom "Cthulhu" sur la couverture (le Necronomicon?); il cache ses grimoires dans un coffre dissimulé par une affiche de Houdini (référence à la nouvelle Prisonnier des pharaons); enfin, la grille du jardin s'enflamme à la fin du film, et les lettres du nom Cthulhu apparaissent au dessus d'elle. C'est à peu près les seuls éléments Lovecraftiens perceptibles à l'œil nu... L'histoire est celle d'un magicien qui a fait appel aux forces du mal (grands anciens?) pour retrouver sa femme décédée. Depuis, une porte de sa cave est ouverte sur l'enfer... Un des plus grands atouts du cinéma de Simòn est sa sympathique ringardise. Ici, les dialogues sont hallucinants de sottise et de vulgarité. Les maquillages se limitent à quelques vieux raviolis étalés sur le visage des zombies. La qualité de la photographie est à peine digne d'un film amateur en super-8. Les décors du "sanctuaire" sont misérables (une table, une nappe, un rideau et quelques bougies). N'oublions pas le jeu particulièrement médiocre des acteurs. Enfin, comme toute bonne série Z qui se respecte, Magie noire est servi avec un savoureux doublage français, bâclé juste comme il faut!

Il est toutefois regrettable que l'humour (souvent involontaire...) de ce film et son charme de petite production soient atténués par une intrigue très peu originale. Après un sympathique prologue (ah, les dialogues entre les dealers...), Magie noire s'enlise dans une histoire de maison hantée très quelconque. Les meurtres se succèdent assez platement. Si certains sont vraiment amusants (les grandes mains griffues qui entraînent une fille dans le frigo de la cuisine!), d'autres sont bien conventionnels. L'influence d'Evil dead (1982) est trop perceptible (zombies ricanant, lierre agressif, souterrain hanté, grimoire maudit...). Heureusement, un final particulièrement hilarant vient réveiller le spectateur...

Bref, malgré un racolage assez soutenu (le titre original espagnol, la jaquette insistant sur l'inspiration cthulienne...), Magie noire n'est pas vraiment la rencontre tant redoutée (ou espérée, pour les plus pervers) entre un roi du cinéma bis espagnol et Lovecraft. Reste une honnête histoire de maison hantée et l'atmosphère sympathique d'une production ultra-fauchée. Il y a même quelques belles images à sauver (le spectre de la morte...). Dommage que le milieu du film soit vraiment trop ennuyeux...

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