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Le quatrième étage est la première réalisation de Josh Klashner, qui en a aussi écrit le script. Jusque là, il avait travaillé en tant qu'assistant sur les comédies des frères Farrelly (Dumb et Dumber (1994), Mary à tout prix (1998)...). Sa diffusion au cinéma en France a été pour le moins minimale: une seule copie a circulé sur Paris pendant deux semaines, sans aucune publicité digne de ce nom.Le rôle principale est tenue par Juliette Lewis, connue en France pour ses rôles dans des films "indépendants" américains (Tueurs nés (1994) d'Oliver Stone, Une nuit en enfer (1996) de Robert Rodriguez...). A ses côtés, on remarque les apparitions de William Hurt (Au-delà du réel (1980) de Ken Russell, Dark city (1998) d'Alex Proyas...) en vedette de la météo et Shelley Duvall (Shining (1980) de Stanley Kubrick, Frankenweenie (1984) de Tim Burton...) en concierge dérangée.

Le quatrième étage nous raconte donc l'histoire d'une jeune fille qui s'installe dans un appartement au cinquième étage d'un vieil immeuble de New York. Elle est rapidement confrontée à ses nouveaux voisins, plus ou moins accueillants ou étranges. Petit à petit elle se sent menacée, et en vient à soupçonner sa vieille voisine de vouloir l'assassiner. Tout cela rappelle évidemment certains classiques du cinéma fantastique: on pense aux œuvres kafkaïennes et paranoïaques de Polanski, avec Le locataire (1976) et Rosemary Baby (1968); ou à Inferno (1980) de Dario Argento avec sa maison mystérieuse bâtie en plein New York; ou encore à Fenêtre sur cour (1954), un des meilleurs films d'Hitchcock, dans lequel un photographe observait au téléobjectif les faits et gestes de ses voisins. On pense aussi au génial roman Malpertuis de l'écrivain belge Jean Ray, et à son adaptation cinématographique Malpertuis: histoire d'une maison maudite (1971) de Harry Kümel: à Gand, un jeune marin arrive dans une maison peuplée d'êtres étranges. N'oublions pas l'excellente BD de Hulet, L'état morbide, qui transcrit à Bruxelles une intrigue poétique et sombre, proche de celle de Malpertuis. Bref, l'ambiance et l'intrigue que se propose d'exploiter Le quatrième étage ont déjà été explorées avec beaucoup de talent par des artistes prestigieux.

On remarque d'emblée que les interprètes, notamment Juliette Lewis, sont plutôt sympathiques et compétents. Le récit est assez bien construit et propose de nombreuses pistes crédibles et intéressantes pour le spectateur qui voudra bien s'impliquer dans l'enquête. On apprécie encore une réalisation sobre et sans chichi. Hélas, on regrette que l'intrigue se traîne beaucoup trop, malgré une durée des plus raisonnables (85 minutes seulement). Certaines séquences censées nous présenter les personnages et nous les rendre attachants sont beaucoup trop et envahissantes et répétitives: les scènes avec William Hurt ou les collègues de Jane semblent donc trop nombreuses et rallentissent l'intrigue centrale du film (le conflit entre Jane et ses voisins). On regrette aussi un certain manque d'efficacité dans les scènes d'horreur (deux vers de terre en train de se tortiller au fond d'une baignoire, ou des souris galopant dans un appartement constituent les "coups de force" du début du film). Enfin le dénouement est décevant et, lui aussi, plutôt plat.

Bref, Le quatrième étage que sa modestie, la rigueur de sa réalisation et les qualités de son script auraient pu rendre attachant, se disperse trop dans l'étude de la psychologie (assez inintéressante) de son personnage central, et peine à vraiment faire peur au spectateur.
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