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Seth Brundle, un jeune scientifique, parvient à mettre au point une machine permettant la téléportation d'êtres vivants. Il l'essaie. Mais une mouche se glisse dans l'expérience...



Après Dead zone (1983), adaptation d'un roman de Stephen King, David Cronenberg accepta de réaliser une nouvelle œuvre de commande: La mouche est en effet un remake d'un film américain de science-fiction avec Vincent Price: La mouche noire (1958) de Kurt Neuman. Il eût un énorme succès international et permit à Cronenberg de concrétiser ensuite un projet plus personnel: l'excellent Faux semblants (1988)... Les rôles principaux sont tenus par Jeff Goldblum (Jurassic park (1993) de Steven Spielberg, Independance day (1996) de Roland Emmerlich...) et Geena Davis (Thelma et Louise (1991) de Ridley Scott, L'île aux pirates (1995) de Renny Harlin...).
La mouche étant un remake, ce projet force Cronenberg à suivre une trame assez rigide, ce qui ne lui laisse pas autant de liberté que pour des films comme Scanners (1981) ou Vidéodrome (1983) dont il avait écrit seul  les scénarios. Pourtant, cet habile mélange d'horreur et de science-fiction lui permet de traiter de sujets qui le passionnent. Ainsi, il explore à nouveau le domaine de la chair et du spectacle de l'anatomie humaine mise à nu. Pour le savant, la compréhension de de la structure physique de la chair animale va passer par la découverte des plaisirs charnels (c'est le soir de son dépucelage qu'il parvient à mettre au point la téléportation d'une créature vivante). On retrouve aussi un goût certain pour la représentation de la viande dans tous ses états, ce qui nous vaut quelques séquences bien gore (le singe-cobaye assemblé par la machine dans le plus grand désordre, un bras de fer particulièrement douloureux...).

C'est aussi dans La mouche que Cronenberg exprime le plus pleinement sa fascination pour les insectes, leur mode de vie et leur aspect. On retrouvera cela dans son œuvre, notamment dans Le festin nu (1991), avec sa machine à écrire en forme de scarabée... Ici, suite à un accident parvenu au cours d'une expérience, un savant voit son organisme fusionner avec celui d'une mouche. On va donc suivre étape par étape, avec la rigueur d'un protocole scientifique, la décadence physique de la partie humaine de Brundle (chute de dents, d'oreilles...) tandis que ses caractères d'insecte se développent. Mais ce n'est pas seulement son apparence qui est modifiée: ses déplacements, son alimentation et son comportement vont changer. Les modifications qu'il a subi affectent ainsi autant son cerveau que ses caractéristiques physiques. A la fin du processus, le corps humain du chercheur ne sera plus qu'un cocon renfermant une nouvelle forme de vie incroyable. On retrouve donc les mutations physiques délirantes qu'apprécie tant ce réalisateur (Vidéodrome...): il faut d'ailleurs signaler que La mouche est un festival d'effets spéciaux absolument sensationnels: leur auteur, Chris Walas (qui réalisera La mouche II (1989)) fait un véritable sans-faute.

Dans les derniers jours de Brundle, on remarque aussi l'apparition d'accents pathétiques dans le récit, ce qui rappelle le cinéma fantastique américain et ses monstres classiques: lorsque Brundle, difforme, surgit dans une chambre d'hôpital et enlève Veronica, on ne peut pas s'empêcher de penser à Frankenstein (1931) de James Whale, L'étrange créature du lac noir (1954) de Jack Arnold ou même King Kong (1933). De même, quand le savant envisage de se reproduire pour engendrer une race d'hommes supérieurs, c'est évidemment à la figure du savant fou qu'on pense. En fait, ce scientifique doué et ambitieux qui expérimente lui-même sa découverte aux effets désastreux et irréversibles évoque surtout L'homme invisible (1933) de James Whale, dans lequel un chercheur de génie essaie un produit qui le rend invisible, mais ne parvient plus ensuite à retrouver son état normal.

Malgré ses qualités, La mouche souffre tout de même d'une narration bien linéaire et prévisible, avec des moments bavards et ennuyeux. Trop classique pour être digne des meilleurs films de son auteur, il reste dans l'ensemble une réussite intéressante dont les effets spéciaux très impressionnants participent avec bonheur au développement de l'histoire et parviennent à donner vie aux visions les plus hallucinantes de Cronenberg. A ce titre, le final est un des moments les plus géniaux de la filmographie de ce réalisateur canadien.

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Les insectes de Shaggaï
Docteur Clarendon 02/08/2003
Un classique certes, qui a mal vieilli sans doute mais qui en son temps fit vraiment sensation ! La transformation du savant en mouche est vraiment excellente et l'idée couplé avec un insecte de Shaggaï peut être intéressante dans un scénar ou un investigateur ou un pnj subirait cette terrible métamorphose..... Un bon 7 sur 10, et une petite place dans votre vidéothèque !
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