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Suzanne Whateley, une new-yorkaise ayant héritée du moulin de sa famille à Dunwich, retourne à ce village où elle a passé son enfance. Mais elle ne se souvient plus de celle-ci. Elle est accueillie par des paysans hostiles. Des rumeurs racontent que le moulin est hanté...



La malédiction des Whateley est une adaptation de la nouvelle La chambre condamnée écrite par H.P. Lovecraft et A. Derleth. Le réalisateur anglais David Greene a surtout travaillé pour la télévision, ce qui n'est pas si déshonorant puisqu'il a participé à des séries prestigieuses comme Chapeau melon et bottes de cuir ou La quatrième dimension. Dans ce film, on remarque la présence de l'acteur Oliver Reed dans le rôle du chef d'une bande de voyous. Il avait alors surtout tourné des films d'horreur, de science-fiction et d'aventures. Il deviendra ensuite célèbre grâce aux œuvres de Ken Russel (Les diables (1971), Tommy (1975)...). Son dernier rôle au cinéma sera celui de Proximo, le chef des gladiateurs dans Gladiator (2000) de Ridley Scott. Il mourra à Malte, au cours de ce tournage.
La nouvelle La chambre condamnée de A. Derleth mélangeait des histoires de Profonds et les mésaventures de la famille Whateley. Cette adaptation prend beaucoup de liberté puisqu'elle met de côté tous les éléments Lovecraftiens du récit: il n'est donc plus question de mariages contre-nature ou de sorcellerie. Seule subsiste l'idée du monstre enfermé dans le moulin abandonné que l'héritier libère imprudemment. La malédiction des Whateley cherche surtout à décrire une communauté de paysans arriérés, aigris, superstitieux et méchants. On suit notamment une bande de voyous idiots, bagarreurs, voleurs, et même violeurs. La plupart des scènes fortes du film les montre en train de harceler les deux citadins fraîchement arrivés à Dunwich (village placé ici sur une petite île): l'ambiance est alors très dure. La réalisation se permet quelques expérimentations très sixties (zoom, caméra à l'épaule...), et la musique est composée de morceaux jazz-rock envoûtants. L'interprétation est inégale, mais certains comédiens sont vraiment excellents (Oliver Reed, Celia Hewitt...).

Toutefois, le récit manque un peu de rythme, et l'histoire a du mal à bien mélanger les deux éléments dramatiques principaux (le moulin mystérieux et la bande de loubards): on passe d'un thème à l'autre de façon un peu confuse et l'histoire de la maison hantée sert peu avant le dernier quart d'heure. Certains acteurs sont trop fades (Susan Whateley et son mari). Enfin des longueurs gênantes viennent ralentir la narration. Le film aurait gagné à durer vingt minutes de moins.

La malédiction des Whateley n'est pas vraiment Lovecraftien. Mais il reste un honnête film d'horreur, malheureusement alourdi par une histoire mal équilibrée et un peu trop lente.

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