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Anton, un jeune garçon dont le passe-temps favori est de fumer des pétards en regardant la télé avec ses copains, trouve ses parents morts un matin d'Halloween. Il se rend alors compte que sa main droite ne lui obéit plus et cherche à commettre des meurtres: elle est possédée par le diable. Contre sa volonté, la main d'Anton tue ses deux meilleurs amis... 



Le scénario de ce film fut d'abord écrit pour illustrer la paresse dans un film à sketchs sur les sept péchés capitaux. Mais il déplut au producteur. Il atterrit alors chez Columbia. Alléché par le succès de Scream (1996), le studio était intéressé par cette histoire qui mélangeait horreur et humour. On choisit comme réalisateur Rodman Flender, ancien chargé de production chez Roger Corman, et réalisateur de Leprechaun II (1994). On trouve au générique des jeunes acteurs issus surtout de la télévision. Le plus connu est Seth Green qui joue dans la série Buffy contre les vampires et qui interprète le fils du docteur Evil dans les films Austin Powers.

Le thème des mains qui se révoltent contre leur propriétaire n'est pas une nouveauté, puisqu'on le trouve déjà dans l'excellent film allemand Les mains d'Orlac (1924) de Robert Wiene (Le cabinet du docteur Caligari (1920)...). Après un accident, Un pianiste se faisait greffer les mains d'un assassin. Mais rapidement ces mains commençaient à "désobéir". La main qui tue cherche de son côté à mettre ce thème à la sauce d'un film gore rigolo, dans la veine d'un Bad taste (1987) ou d'un Evil dead (1982). D'ailleurs de nombreuses scènes rappellent fortement le passage d'Evil dead II (1987) au cours duquel Ash doit se battre contre sa propre main. 

Les personnages sont donc des teenagers fainéants, idiots et bons à rien, qui échangent des répliques puissantes, telles que: "Si ta mère avait des dents, elle sucerait beaucoup moins bien...". Ils ne pensent qu'à se défoncer à longueur de journée. On a aussi des personnages caricaturaux de hardos, d'exorciste... Mais ce parti-pris d'humour grotesque, si il est amusant dix minutes, lasse très vite le spectateur. Les ficelles des gags ne se renouvellent pas. On ne s'intéresse pas beaucoup aux personnages, et il faut bien dire que cette main ne parait pas un adversaire très redoutable. Il n'y a jamais vraiment de suspens. Il y a bien un peu de gore, mais la plupart des coups sont tout de même portés hors-champs.

Et puis, ce film sent très fortement l'opportunisme: cette production de Columbia aimerait bien ratisser les fans des dessins animés trash (Beavis et Butthead, South Park...) avec ses personnages débiles et grossiers. D'un autre côté, on fait du pied au public de Scream, en faisant de lourds clins d'œil "décalés" à Massacre à la tronçonneuse (1974) de Tobe Hooper ou Zombie (1978) de Georges Romero. Cela permet surtout de mesurer l'écart qu'il y a entre ces excellents films et cette ennuyeuse Main qui tue. En plus, le film nous inflige à longueur de pellicule l'intégrale du catalogue metal-indus-punk de Sony music (Rappelons que Sony est propriétaire de Columbia). On a même le droit à une scène de concert avec Offspring reprenant une chanson des Ramones. Au bout d'un moment, cela devient très énervant. Le film essaie désespérément de faire "jeune" et d'être drôle mais tout cela est trop fabriqué pour faire illusion. D'ailleurs, vu le nombre d'entrées en France, ça n'a pas dupé grand monde...

Dans ce film, le réalisateur cherche à renouer avec le cinéma pour jeunes des années 60, avec monstres inoffensifs, teenagers idiots, bal de prom, et numéros musicaux à gogo. Malheureusement la faiblesse du script, l'opportunisme de la démarche, l'interprétation médiocre et la réalisation très quelconque rendent cette Main qui tue bien ennuyeuse à regarder. On sauvera quelques gags amusants et un début de film correct.
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