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Frankie, Mike, Liz et Geoff, quatre élèves d'un collège distingué de Grande-Bretagne, sont portés disparus. Liz réapparaît, couverte de sang. Elle raconte son histoire à une psychologue : ils ont été séquestré par un autre élève dans un bunker abandonné...



The hole, adaptation d'une nouvelle de Guy Burt, a été réalisé par Nick Hamm : celui-ci a commencé à travailler surtout pour la télévision en Grande-Bretagne au début des années 90. Puis, il a fait Martha, Frank, Daniel et Lawrence (1998), une comédie sentimentale, et Talk of angels (1998), un film historique consacré à la guerre d'Espagne, avec Vincent Perez. The hole est interprétés par des jeunes comédiens pratiquement tous débutants. Mais le rôle principal est tenu par Thora Birch, qui a déjà une assez prestigieuse carrière derrière elle (Jeux de guerre (1992) avec Harrison Ford, American beauty (1999) de Sam Mendes, Donjons et dragons (2000)...).

On remarque d'abord que The hole est construit selon une structure dramatique très particulière, qui va confronter des versions différentes d'un même fait divers rapportées par plusieurs témoins, ce qui rappelle beaucoup le superbe Rashomon (1950) d'Akira Kurosawa. Cela donne ici une impression de manipulation un peu forcée, qui fait énormément penser à Usual suspects (1995) de Bryan Singer. On peut aussi noter que le début du film évoque les slashers américains, genre d'horreur plutôt "gentil" (Scream (1996) de Wes Craven avec le personnage assez nunuche interprété par Neve Campbell, Souviens-toi... l'été dernier (1997)...); alors que la seconde partie se veut plus agressive, et renvoie à des œuvres pour adolescents plus "méchantes" (Sexe intentions (1999) de Roger Kumble et ses riches étudiants obsédés par la drogue et le sexe, Petits meurtres entre amis (1994) de Danny Boyle...). On notera hélas que ces deux genres de cinéma qui sont confrontés ici sont aussi caricaturaux et artificiels l'un que l'autre. On regrette encore que l'intrigue, à force de cultiver les rebondissements tortueux et les révélations ambiguës mal maîtrisées, finit par lasser le spectateur. De même, le rythme du récit n'est pas irréprochable : après un début efficace et solide, les deux derniers tiers ralentissent gravement et les surprises se raréfient, ce qui crée un fort sentiment d'ennui.

Ce n'est hélas pas la réalisation qui va racheter les faiblesses du script : plus The hole progresse, plus elle s'enlise dans des effets grotesques, mais très à la mode depuis la démocratisation du montage numérique, à base d'accélérés et de ralentis. De même, le décor et les éclairages du bunker évoquent beaucoup une esthétique de vidéo-clip d'une glauquerie très convenue, qui rappelle Seven, La secte sans nom (1999) de Jaume Balagueró ou Trainspotting (1996) de Danny Boyle. Les murs sont soigneusement couverts de crasse, les éclairages sont sinistres, les cuvettes de chiottes sont suintantes et les personnages voient leurs visages se couvrir d'un maquillage blafard (qui les fait ressembler à des clones de Marilyn Manson!). Tout ce traitement creux et calculé induit une distance trop importante entre le spectateur et les personnages du film. Cette impression est encore renforcée par les portraits caricaturaux de ces derniers, tous invariablement méprisables et antipathiques. Et ce ne sont pas les interprétations épouvantablement surchargées que proposent les comédiens qui vont dissiper le désintérêt qu'on ressent donc assez rapidement pour les protagonistes de cette histoire.

Pourtant, il faut tout de même reconnaître que The hole est une oeuvre assez ambitieuse, qui parvient à captiver le spectateur pendant sa première moitié. Hélas, les complications inutiles et agaçantes du récit, ainsi que la réalisation discutable et les comédiens mal dirigés, finissent par faire couler ce thriller, qui pourra néanmoins séduire les amateurs de manipulations tortueuses.

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