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En 1985, le tournage d'un film d'horreur est interrompu à la suite d'incidents tragiques. Quinze ans plus tard, des étudiants en cinéma décident d'achever cette œuvre...



Cut est le premier long métrage réalisé par l'australien Kimble Rendall, ancien membre d'un groupe de rock et auparavant spécialisé dans la vidéo musicale et la publicité. On y trouve Molly Ringwald, actrice habituée aux rôles d'adolescentes dans les années 80 (Rose bonbon (1986), Mrs Tingle (1999) de Kevin Williamson...), et la chanteuse Kylie Minogue. Il s'agit encore d'un néo-slasher, genre initié par le succès de Scream (1996) de Wes Craven qui entraina des imitations d'abord aux USA (Souviens-toi l'été dernier (1997) de Jim Gillespie, Urban legend (1998) de Jamie Blanks...), puis à l'étranger (Promenons-nous dans les bois (2000) en France, et ce Cut en Australie).

On se souvient que Scream tentait de porter un regard humoristique sur le genre du slasher, films d'horreur très populaires dans les années 80 avec les séries des Halloween, des Freddy et des Vendredi 13, par exemple. Dans Cut, plutôt que de se moquer du genre lui-même, on nous présente ironiquement deux équipes de tournage : en 1985, on tourne Hot blooded, dans une ambiance assez tendue, entre starlette capricieuse et réalisatrice méprisante ; en 1999, des étudiants en cinéma décident de reprendre ce projet interrompu brutalement, par arrivisme et pour se faire de l'argent facilement. Kimble Rendall préfère donc tourner en dérision les petites intrigues de plateaux et les mesquineries entre techniciens et comédiens travaillant sur un projet auquel seule la réalisatrice semble croire. Ce sens de l'humour fonctionne parfois assez bien, notamment grâce à l'abattage de Molly Ringwald interprétant une insupportable ex-star des 80s. On apprécie aussi un récit plutôt bien rythmé, qui se conclut, d'une certaine manière, en un hommage à la force des mythes du cinéma fantastique dans l'imaginaire populaire.

On apprécie aussi des meurtres très nombreux et surtout très gores, surtout si on les compare à la mollesse et à l'indigence des scènes violentes dans les néo-slashers américains. Le tueur a une allure typique des années 80 : son look mélange des éléments des Vendredi 13 et Halloween (le masque et la grosse combinaison de travail), et de Les griffes de la nuit (1985) de Wes Craven (le look de grand brûlé et l'arme étrange). Il fait preuve d'un entrain appréciable pour assassiner les étudiants : on a donc le droit à de nombreux et très efficaces effets spéciaux. Décapitations, langues arrachées, éventrations...  sont filmées en détail, avec une énergie qui fait plaisir à voir. On apprécie encore un final particulièrement nerveux dans sa violence et son horreur.

Toutefois, Cut ne parvient pas à échapper à certains défauts inhérents aux slashers. On voit des adolescents se faire massacrer les uns après les autres sans que le récit policier soit suffisamment solide pour capter vraiment l'attention du spectateur. Et par moment, on éprouve un certain ennui devant cette accumulation d'assassinats certes généreuse, mais aussi un peu répétitive. L'ambiance est aussi assez banale et ne parvient jamais à être vraiment fantastique ou terrifiante. En plus, les rapports entre les personnages sont assez inintéressants.

Grâce à son rythme nerveux et ses crimes énergiques, Cut parvient néanmoins à s'élever légèrement au-dessus de l'ensemble de la production des néo-slashers américains. Il reste tout de même réservé aux amateurs de ce genre dont il ne parvient pas réellement à transcender les limites.

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