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Rachel, une jeune fille mal dans sa peau, est douée de pouvoirs paranormaux. Elle assiste au suicide de sa meilleure amie. Elle comprend que celle-ci a été manipulée par un garçon dans le cadre d'un jeu très cruel...



Depuis l'énorme succès de Scream (1996) de Wes Craven, les films d'horreur mettant en scène des adolescents sont très à la mode dans le système de production hollywoodien. C'est ainsi qu'on a eu l'idée de donner une suite à Carrie (1976), chef d'oeuvre de Brian De Palma (Phantom of the Paradise (1974)...) basé sur le roman homonyme de Stephen King, bien que sa conclusion ne semblait pas appeler une suite. Ce projet fût d'abord confié à Robert Mandel (premier épisode de la série X-Files...), puis passa à la réalisatrice Katt Shea, dont Carrie 2: la haine semble être le seul film sorti au cinéma en France. La comédienne Amy Irving (Carrie, Furie (1978) de De Palma...) reprend, vingt ans après, le personnage de Sue Snell. Le rôle principal est tenu par Emily Bergl, qui n'avait jamais joué au cinéma auparavant. Les amateurs de Lovecraft apprécieront que l'asile psychiatrique de la ville porte le doux nom d'Arkham, comme dans le comics Batman depuis 1990.
En fait de suite, Carrie 2: la haine fait plutôt penser à un remake de son illustre prédécesseur. On retrouve en effet une structure dramatique tout à fait semblable. Comme Carrie, Rachel est capable de déplacer des objets sans les toucher, grâce à la seule force de sa volonté. Traumatisée par une mère bigote et folle, mal à l'aise dans sa famille d'accueil, elle peine à s'insérer dans la vie dans son collège. Intègre et courageuse, elle dénoncera les jeux cruels de garçons issus de la bourgeoisie locale, ce qui lui vaudra une animosité vivace de la part des élèves les plus en vue de son établissement. Ils finiront par lui tendre un piège pour se venger... Télékinésie, problèmes familiaux, intrigues de collège, tout cela rappelle beaucoup de souvenirs aux spectateurs qui ont vu le Carrie de De Palma.

Pourtant, ce film a aussi des qualités propres qui ne sont pas négligeables. Il traite avec délicatesse de l'égoïsme et de la fragilité des adolescents. Il stigmatise encore le conformisme, l'esprit de clan bête et borné, l'ambition et l'irresponsabilité de la jeunesse dorée de cette petite ville. Katt Shea insiste encore sur les mœurs machistes et brutales de l'équipe de football de l'école. On apprécie aussi les interprètes qui parviennent à rendre attachants les personnages de ce récit. L'histoire se déploie selon un rythme assez soutenu et se suit sans ennui.

Malgré tout, on regrette que Carrie 2: la haine ne se démarque pas assez de son modèle. Les points communs sont trop fréquents, et l'insertion d'extraits de Carrie sous forme de flash-backs renforce encore cette impression gênante. Quand au final, il n'est en fait qu'une copie assez grotesque des prouesses délirantes et lyriques de Brian De Palma. Ici, l'étalage de violence et d'horreur semble déplacé, à la limite du ridicule: si on peut se réjouir de quelques passages gore bien vigoureux (une castration au harpon, assez explicite, vient venger Rachel et ses amies des brimades sexistes administrées par les machos de l'école!), l'ensemble est tout de même maladroit. Même l'épilogue en forme de cauchemar reprend sans imagination la conclusion géniale de Carrie. Il faut bien dire que, dans l'ensemble, la réalisation très quelconque de Katt Shea ne supporte pas la comparaison avec l'élégance irréprochable du film original. 

Malgré quelques tentatives intéressantes pour renouveler l'histoire de Carrie, cette suite/remake ne parvient pas à convaincre faute d'originalité et d'audace. La mise en place assez subtile des personnages est gâchée par un final peu réussi et par une réalisation trop anonyme.

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