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Dans les années quatre-vingt, Teresa Margolles passe le diplôme du département de médecin légiste de la ville de Mexico. Ses intentions d'artiste se combinent alors avec son métier. Elle fonde avec d'autres, en 1990, le collectif d'artistes Semefo (service médico-légal). Pour eux, la morgue représente le lieu où arrivent les victimes de crimes violents, drogués ou sans-abri. C'est dans cette marge, dans cette négation de l'existence, que Teresa Margolles a choisi de s'immiscer. « Devant la morgue, aux pieds de la déesse Coatlicue, honorée par les peuples primitifs, « la dévoreuse d'immondices », avec sa jupe de serpent entrelacés et un collier de mains et de coeurs amputés, je parle avec les familles et j'écoute leurs voix tremblantes et leurs peurs, relate-t-elle. Ils racontent leur impossibilité financière de récupérer les corps de leurs enfants et de les enterrer. »

Dans les années quatre-vingt-dix, les performances se succèdent dans des lieux publics, exhibant sans pudeur le processus de décomposition de la matière organique humaine, comme pour bousculer une société judéo-chrétienne qui préfère enfouir cette réalité sacrée, la rendre taboue et ne pas l'affronter. Ses oeuvres sont aussi en rupture totale avec l'approche de la mort au Mexique, bien plus festive et ironique. Là où, dans l'histoire de la tradition mexicaine, les hommes se moquent de la mort, avec des représentations burlesques et colorées, Teresa Margolles choisit « la périphérie » du corps, bien plus évocatrice des réalités de la mort violente. Ces performances deviennent des actes politiques, où elle ne cesse de rappeler que même dans la mort, les inégalités persistent.
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