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La Police

L'organisation de la police britannique dans les années 20 et 30 était très différente de celle d'aujourd'hui. La plupart des comtés avaient leur propre force de police dirigée par un Chief Constable (un commissaire de police divisionnaire), bien que certains aient possédé des forces communes couvrant plus d'un comté et que Londres et d'autres grandes villes aient aussi possédé leurs propres forces. Les forces du comté étaient assez autonomes, mais il y avait un tout de même un contrôle central par le Home Office (le Ministère de l'Intérieur). Il y avait de grandes différences dans l'utilisation des nouvelles techniques par ces différentes forces.

Il faut noter que dans la période qui nous intéresse, les bureaux de Scotland Yard étaient situés dans les locaux du vieux "New Scotland Yard", un bâtiment de briques rouges sur l'Embankment, pas au nouveau "New Scotland Yard" sur Victoria Street. Le Yard était le quartier général du Département d'Investigation Criminelle (CID) ainsi que celui de la Metropolitan Police (la police métropolitaine).

Ce qui tranchait radicalement avec la période victorienne c'était l'amélioration apportée aux méthodes policière, en particulier dans le domaine de la science légale. Les extraits suivants, issus d'une conférence publique, illustrent certaines des techniques utilisées.

Criminologie

Extraits d'une conférence donnée en 1923 par l'inspecteur Carlton de Scotland Yard :

"Comme vous le savez probablement, l'utilisation officielle des empreintes digitales comme moyen d'identification a été introduite en 1901 seulement. Jusqu'alors nous dépendions toujours du système Bertillon(Alphonse Bertillon est l'inventeur en 1879 du "portrait parlé", que les USA ont adopté en 1888, puis de l'anthropométrie) de collecte de mesures physiques de chaque casier judiciaire. Au cours des vingt et quelques dernières années nous avons accumulé une bibliothèque de plus de 200000 séries d'empreintes, et naturellement la collection continue de s'accroître. Je dois admettre que nous n'avons pas un système de classification idéal, mais, de notre point de vue, l'information que nous possédons a déjà prouvé valoir plus que son poids en or."

"Pour prendre des empreintes nous possédons trois méthodes et utilisons l'une d'entre elles, selon le temps écoulé depuis que les empreintes ont été laissées. Pour les empreintes les plus anciennes, pour autant qu'il subsiste quelques sécrétions cutanées résiduelles, la vapeur d'iode fait l'affaire. Des empreintes plus récentes peuvent être révélées par l'utilisation du tétraoxyde d'osmium - vous devez le connaître sous le nom d'acide osmique. Nous préférons utiliser cette méthode, si nous le pouvons, car elle donne un résultat plus clair qu'avec la vapeur. Enfin, avec des empreintes récentes, où les sécrétions cutanées n'ont pas eu le temps de s'évaporer, la poudre de carbonate de plomb et un insufflateur donneront le meilleur résultat. Une fois qu'une empreinte a été révélée, une photo peut être prise pour effectuer une comparaison avec celles de nos fichiers."

"Une autre chose que nous surveillons toujours, c'est la preuve que pourraient apporter les taches de sang. En effet, le bruit court en ce moment que le sang humain serait divisé en trois ou quatre groupes différents, mais c'est toujours à l'étape expérimentale et peu susceptible d'impressionner un juge. Nous pouvons, toutefois, prouver qu'une tache est du sang humain et, avec un peu d'expérience, dire depuis combien de temps elle est là."

"Lorsqu'il a été fraîchement répandu, si je puis me permettre d'être aussi abrupt, il apparaît comme un liquide rouge. En supposant qu'il soit tombé sur une surface où il soit facilement observable, nous devrions le voir se transformer, assez rapidement, en une substance gélatineuse. La tache commencera alors à rétrécir, durcissant au centre et laissant une trace de liquide jaunâtre sur les bords."

"Après environ deux heures, le centre de la tache, toujours plus solide, commencera à tourner au brun, tandis que le liquide autour deviendra transparent. Une heure plus tard, ce liquide aura probablement complètement disparu, laissant la partie centrale durcie de couleur marron sombre. A partir de maintenant, la tache devient simplement de plus en plus sombre. Commence alors à la décomposition jusqu'à ce que, après 5 ou 6 jours, vous ne trouviez plus grand chose, excepté une croûte grisâtre. Naturellement, ces changements dépendront des conditions du moment : plus le temps est chaud, plus tout se produit rapidement."

"Après avoir trouvé ce que vous pensez être une tache de sang, vous pouvez en prendre un échantillon pour l'analyser. Vous placez le sang dans une solution de cyanure de potassium et d'eau (en ajoutant de l'ammoniaque à la solution si la tache est sur un support teint). Si la tache est du sang, elle libérera des bulles d'oxygène. La quantité dépend du type de sang - le sang humain contient plus d'oxygène que celui de n'importe quelle créature."

"Naturellement, il n'y a pas que le résidu des êtres humains que nous devons vérifier. Nos scientifiques sont aussi utiles avec d'autres matériaux. Par exemple, l'âge d'un document peut être assez exactement jugé par comparaison microscopique avec la texture de matériaux d'écriture connus pour avoir été produits à la date alléguée pour le document en question. Même lorsqu'une balle ne peut pas être trouvée sur la scène d'un crime, nous pouvons distinguer la décharge d'un pistolet automatique (qui contiendra des traces de graphite) de celle d'un revolver (qui ne contiendra pas cette substance)."

Châtiment

Dans les années 20, la peine capitale était seulement applicable au meurtre et à la trahison. Sur environ 60 procès pour meurtre une année donnée, environ 23 avaient comme conséquence des sentences de mort et une grâce était accordée à la moitié d'entre eux. Les femmes avaient tendance à recevoir des sentences plus légères et à être graciées plus facilement que les hommes.

Les punitions corporelles avaient plus ou moins disparu, bien qu'elles aient été utilisées occasionnellement dans des cas de vol avec violence. En pratique, la plupart des délits importants avaient comme conséquence l'emprisonnement. La qualité de la vie en prison oscillait entre l'approche victorienne rigide, avec son lot de besognes ingrates, de travaux pénibles et absurdes, et l'approche plus moderne selon laquelle les contrevenants "ont été envoyés en prison en punition, pas pour y être punis". La façon dont un détenu est traité peut très bien dépendre de la politique du gouverneur de la prison en question.
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